La Digital Farming School (DFS), une école spécialisée dans les technologies agricoles, a été inaugurée samedi 31 octobre 2026 au Technopôle de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), à Yamoussoukro. Pour sa première promotion, 50 étudiants ont été retenus parmi 3 700 candidats. La formation, d’une durée de deux ans, est entièrement prise en charge selon une note qui nous est parvenue.
Portée par l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) du Maroc, avec le soutien d’OCP Africa, filiale du groupe marocain Office chérifien des phosphates (OCP), et en partenariat avec l’INP-HB, cette initiative ambitionne de former une nouvelle génération de spécialistes capables d’intégrer les technologies numériques dans les pratiques agricoles.
Le programme associe notamment l’agronomie, l’informatique, l’intelligence artificielle, les drones agricoles, les capteurs connectés et l’analyse des données. Il privilégie également la pratique et l’expérimentation afin de permettre aux apprenants de développer des solutions adaptées aux besoins des producteurs.
Selon cette note, cette formation intervient dans un contexte où l’agriculture occupe une place importante dans l’économie ivoirienne. Le secteur représente environ 25 % du produit intérieur brut (PIB), en incluant l’agro-industrie, et près de 40 % des recettes d’exportation. Il reste toutefois confronté à plusieurs difficultés, notamment la faible mécanisation, le manque d’infrastructures d’irrigation et les effets du changement climatique.
Les chiffres présentés par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, illustrent l’ampleur de ces défis. Le pays compte un tracteur pour 1 000 hectares, tandis que seulement 130 000 hectares sont irrigués sur un potentiel estimé à 3,4 millions d’hectares.
Pour les partenaires du projet, la formation de compétences locales constitue ainsi un levier important pour accompagner la transformation du secteur. Le président de l’UM6P, Hicham El Habti, a notamment insisté sur la nécessité pour le continent de miser sur ses propres ressources et son savoir-faire. « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique », a-t-il déclaré, en mettant en avant la coopération entre institutions africaines.
De son côté, la directrice générale d’OCP Africa, Hajar Alafifi, a souligné l’importance d’investir dans le capital humain pour préparer les jeunes aux métiers agricoles de demain. L’INP-HB, qui accueille l’école, contribue à son ancrage dans l’environnement académique et scientifique ivoirien.
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara. L’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Otman El Ferdaous, ainsi que l’ancien Premier ministre éthiopien Haile Mariam Dessalegn, y ont également pris part.
À travers la Digital Farming School, les partenaires entendent rapprocher universités, entreprises, chercheurs, entrepreneurs et acteurs agricoles. L’ambition est de transformer cette coopération en compétences concrètes et en innovations accessibles, afin d’améliorer durablement la productivité agricole et de renforcer la souveraineté alimentaire du continent.
Sonia FAITAI



