
EDITO/
Assainissement Urbain : La vision prospective s’impose
Le ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité Publique a entrepris une vaste opération de démolition, déguerpissement et d’Assainissement, à travers Abidjan. Selon de bonnes sources, ce sont cinq mille (5000) lieux et maisons à démolir. Tous situés dans des zones à risques. La saison des pluies qui est, déjà présente, est le terreau pour déclencher et précipiter des glissements de terrains, des éboulements, des montées d’eaux et parfois des noyades. Depuis quelques decennies, les années passent et se ressemblent, en Côte d’Ivoire, à la même période. L’on enregistre des morts et des destructions de bien matériels. En décidant de prendre le taureau par les cornes, le ministre Bouaké Fofana entend limiter les dégâts, sinon faire en sorte qu’il n y en ait pas du tout.
Le fond du problème auquel fait face la Côte d’Ivoire, est l’urbanisation anarchique et galopante. En clair, La Côte d’Ivoire semble rattrapée par l’absence de planification et le laxisme ambiant. Car, à la fin des années 1970, avec le boom économique que connait la Côte d’Ivoire , l’immigration et l’exode rural sont des phénomènes qui font métamorphoser Abidjan , avec l’émergence de quartiers non prévus et totalement dépourvus de plan directeur et de projet d’Assainissement. Les immigrés, pour la plupart des ressortissants de la sous –région mais aussi des Ivoiriens venus des campagnes et hameaux de la Côte d’Ivoire profonde, se contentent d’abris de fortune et du manque de véritables infrastructures de base.
Plus de trente ans après, Abidjan semble étouffée par ces quartiers et ces zones à risques qui sont symbolisées par de cossues résidences ne respectant aucune norme ou encore des habitats sur des flancs de collines. C’est donc dire qu’aucune commune n’échappe à l’équation de l’Assainissement. L’explosion démographique qu’a connue la ville d’Abidjan n’a pas été accompagnée d’infrastructures indispensables, au développement économique, à la protection de l’environnement et à la qualité de vie des citadins.
Heureusement que sous le magistère du Président Alassane Ouattara, les choses changent et bougent bien. Ces dernières années (de 2011 à aujourd’hui) , sous la férule du Président Alassane Ouattara, de colossaux investissements ont été opérés dans le volet Assainissement afin de réduire et contenir les dégâts. Une structure a été mise sur place, exclusivement, pour adresser ce genre de question et veiller à la réalisation de gros ouvrages. Par décret n° 2011-482 du 28 décembre 2011 l’Office national de l’Assainissement et du drainage (Onad) , le Président de la République a décliné les missions de cette structure. Depuis sa présence sur le terrain, l’on sent un frémissement, l’on constate que de réels efforts sont faits pour que l’Assainissement et le drainage soient des réalités. Surtout que ce secteur n’a pas bénéficié de financements conséquents de 1990 à 2010.Une vingtaine d’années sans investissements qui ont porté un coup fatal au secteur. Pour améliorer la qualité de vie de ses compatriotes, de grandes infrastructures économiques (routes, ponts, raccordement en eau potable et électricité…) sont construits.
Plus que jamais le lot de désolation crée par le souci d’Assainissement appelle à une prise de conscience. Mieux, à une vision prospective pour anticiper sur les probables désagréments du futur. La Côte d’Ivoire, comme dans les années 1960 et 1970 attire toujours les populations venues du monde entier. Burkinabé, Chinois, Turcs, Européens et peuples d’autres contrées y convergent. Il urge, donc, de repenser les villes de Côte d’Ivoire. Avec l’expérience d’Abidjan, il faut anticiper sur les villes de l’intérieur.
Très rapidement, il faut agir sur les trente un (31) chefs lieux de régions afin de ne pas être surpris, dans dix (10) ou vingt (20) ans des dégâts qui pourraient survenir. Il faut donc un plan, une vision à l’échelle nationale et non se cantonner sur le Grand Abidjan. Cela dit, il faut saluer les efforts d’Assainissement entrepris par le ministre Bouaké Fofana.
Vincent BOTY







