
Radiation de Thiam: le Collectif pour le respect des textes déplore la situation et appelle à un plan B
Lemandatexpress – Alors que l’élection présidentielle d’octobre 2025 s’annonce décisive pour l’avenir politique de la Côte d’Ivoire, une nouvelle voix s’élève au sein du PDCI-RDA pour dénoncer les dérives internes et proposer une sortie de crise.
Le Collectif des Militants pour le Respect des Textes du PDCI-RDA a tenu, ce mercredi 30 avril 2025,dans un complexe hôtelier à Cocody, une conférence de presse au ton ferme et sans détour. Selon l’animateur de cette conférence, Dosso Aboubacary, il s’agit d’alerter une fois encore sur la gravité de la situation que traverse le parti et appeler à une réorientation stratégique urgente. Puisque, selon eux, Tidjane Thiam, désigné candidat du parti, est désormais forclos. Il est temps de penser à une alternative crédible.
Le collectif est revenu en détail sur les conditions jugées opaques de la Convention du 16 avril 2025, au cours de laquelle Tidjane Thiam a été désigné candidat à la présidentielle. Pour ses membres, cette convention expéditive a piétiné les règles démocratiques internes du parti. «Jamais le PDCI-RDA n’a connu une telle dérive procédurale», affirment-ils, dénonçant une mise en scène orchestrée dans le but d’imposer un candidat et d’écarter toute concurrence loyale.

Mais le plus grave, selon eux, est survenu le 22 avril 2025, avec la décision de la justice ivoirienne de radier M. Thiam de la liste électorale, du fait de sa nationalité française au moment de l’enrôlement électoral en 2022. Une décision lourde de conséquences, le candidat choisi est d’ores et déjà inéligible. Pour le collectif, cette situation représente un danger réel pour le parti à six mois d’un scrutin crucial.
Face à cette réalité, les membres du Collectif des Militants pour le Respect des Textes lancent un appel solennel : il faut immédiatement envisager un plan B, voire un plan C ou D. « La politique, c’est aussi la capacité à anticiper les réalités du moment», rappellent-ils. Leur message s’adresse directement aux décideurs du parti pour dire que l’heure n’est plus aux querelles de positionnement, mais à la responsabilité collective. Le PDCI-RDA, rappellent-ils, n’a plus présenté de candidat à la présidentielle depuis 2010. En 2025, rater ce rendez-vous serait une faute politique majeure.
Ils s’appuient sur des exemples internationaux récents pour justifier l’idée d’un changement de cap. Que ce soit en France avec la succession de Strauss-Kahn par Hollande, ou au Sénégal avec le passage de relais entre Sonko et Diomaye Faye, l’histoire prouve qu’un changement de candidature en dernière ligne droite peut devenir une opportunité.
Plus profondément, le collectif remet en cause la personnalisation excessive du pouvoir au sein du parti. “La stratégie d’un parti ne peut être fondée sur une seule personne”, martèlent-ils, citant l’héritage politique du président Félix Houphouët-Boigny, pour qui la force du PDCI reposait sur une vision collective.
C’est pourquoi ils appellent à une large mobilisation des militants, des cadres et des élus de toutes les régions. Pour eux, seule une union sincère autour des textes fondateurs du parti permettra de relancer, dans de meilleures conditions, les préparatifs pour octobre 2025.
Le Collectif pour le Respect des Textes lance un dernier avertissement à la cette conférence “le temps presse”. « Il nous faut rapidement, mais sereinement, trouver un plan B, C, D et même Z», insistent-ils. Leur objectif est d’éviter au PDCI-RDA un naufrage annoncé et offrir au peuple ivoirien une véritable alternative.
Sidoine Koffi






