
Christianisme céleste: Le révérend pasteur Ediémou rompt le silence sur le Conseil Supérieur de Transition
Lemandatexpress – Le Révérend Pasteur Ediémou Blin Jacob, chef du diocèse ivoirien de l’Église du Christianisme céleste, a exprimé son opposition ferme à la création du Conseil supérieur de transition (CST) mis en place le 26 avril 2025 à Cotonou, au Bénin. Face à la jeunesse de l’église réunie à la paroisse-mère Saint Raphaël de Port-Bouët Vridi le jeudi 1er mai, il a tenu à clarifier sa position.
« On a dit dès le début que nous, on ne reconnaît pas les états généraux. Nous avons écrit pour leur dire qu’on ne reconnaît pas ça », a-t-il déclaré avec détermination, en référence au processus ayant conduit à la mise en place du CST.
Pour lui, cette démarche s’éloigne de l’essence même de l’Église : « Ce n’est pas l’église pour laquelle je me suis déchaussé, et pour laquelle je me suis sacrifié, ce n’est pas ça ».
Composé de 15 membres majoritairement issus du Bénin, siège mondial de l’église, et du Nigeria, le Conseil supérieur de transition compte également deux représentants de la Côte d’Ivoire : Hyacinthe Sarassoro, initiateur des états généraux, et Aka Justin, désigné par ces mêmes assises comme nouveau chef du diocèse ivoirien. Ce verdict a été accepté par le Nigeria puis par le Bénin, le 16 janvier 2025.
Pourtant, le Révérend Pasteur Ediémou affirme selon le quotidien L’Inter, n’avoir été ni consulté ni invité à cette réunion : « Effectivement, je n’ai reçu aucune convocation de la délégation ivoirienne, aucune invitation de la part du Bénin. Le Saint-Siège, en ma qualité de deuxième vice-président (du Comité supérieur mondial), pouvait m’envoyer une invitation pour aller à la séance où on constituait le comité supérieur de transition. Mais le Saint-Siège ne m’a pas appelé ».
Au-delà de la forme, c’est le fond de l’initiative qui suscite son inquiétude. Le Révérend y voit une immixtion du politique dans le religieux : « À l’heure actuelle, les états généraux sont entrés dans l’église. Et, on fait les états généraux pour imposer sa volonté. Donc, la politique est rentrée dans l’église ». Il a rappelé que le Christianisme céleste repose sur des fondements révélés, intangibles : « Le christianisme céleste, c’est une église révélée qui a ses fondamentaux, qui a ses préceptes, ses ordonnances, ses sacrements (…) C’est pour cela qu’on ne peut pas faire autre chose pour venir à l’intérieur : le conseil de transition ».
Malgré son opposition, le chef spirituel n’exclut pas le respect des autorités, à condition d’être officiellement impliqué : « C’est pour dire que ce qu’ils ont fait ne nous concerne pas. Mais pour le respect de l’autorité, car vous savez que nous obéissons à toute autorité, si le président Talon m’avait invité officiellement par l’ambassade (…), et bien je lui aurais remis mon passeport pour aller à cette séance de travail ».
En guise de message d’espoir, le Révérend Pasteur Ediémou a exhorté la jeunesse à rester fidèle et confiante en Dieu : « Notre souhait, c’est qu’avant que l’année 2025 ne se termine, avant que le comité supérieur de transition ne finisse sa mission, que Jésus-Christ parle. Et le Seigneur va parler. Ayons confiance en Dieu. Il le fera ».
À noter que, dans les jours précédant la cérémonie au Bénin, une large frange de la jeunesse de l’église avait interpellé le président béninois Patrice Talon. Par une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, ils l’appelaient à reconnaître le leadership spirituel du Révérend Ediémou. « Monsieur le Président, c’est Ediémou que l’État ivoirien reconnaît. C’est Ediémou que le Bénin reconnaît et c’est Ediémou que tout le monde reconnaît », affirmait leur porte-parole, appelant à une réconciliation autour de celui qu’ils considèrent comme l’autorité spirituelle légitime.







