
Médias : Décès d’Éric Didia, alias « Roro », figure emblématique de l’animation ivoirienne
Lemandatexpress – Le monde des médias ivoiriens est en deuil. Éric Didia Yao Constant, plus connu sous les pseudonymes de « Roro », « Zada le chasseur » ou encore « Robert Levi Provençal », s’est éteint ce vendredi 7 juin 2025, à l’âge de 64 ans. La triste nouvelle, largement relayée sur les réseaux sociaux par plusieurs pages et figures du milieu, a bouleversé ses nombreux admirateurs.
Né le 5 octobre 1960, Éric Didia a marqué toute une génération par sa voix grave, son verbe captivant et son humour souvent teinté d’une touche coquine. Il s’est imposé dans années 1990 et 2000 comme l’un des animateurs les plus talentueux de la bande FM ivoirienne, notamment sur les ondes de Radio Nostalgie avec l’émission culte « Happy People ».
Ce programme, devenu incontournable, séduisait les auditeurs par son rythme, ses envolées lyriques et la passion avec laquelle il mettait en lumière la musique congolaise, dont il était un fervent ambassadeur.
Un pionnier de l’animation musicale
Précurseur de plusieurs concepts radiophoniques, Éric Didia a notamment été le premier à populariser les Atalaku (chanteurs d’animation dans la rumba congolaise) dans les milieux branchés d’Abidjan, à travers des événements au sein de clubs emblématiques tels qu’Olivia Valère ou La Java, autrefois dirigée par feu Hamed Bakayoko.
Passé ensuite sur Ivoire FM, puis sur Life TV, il a su s’adapter aux formats télévisuels tout en conservant son style unique, fait de panache et de provocation maîtrisée. Il fut notamment le visage des premières éditions du Life Talk, émission à succès où il lança cette phrase restée célèbre : « Je voulais travailler sur une télé géniale, on m’a donné une télé extraordinaire. Je vais vous servir du magnifique. »
Un artiste complet, formé à Paris
Au-delà du micro, Éric Didia possédait une autre corde à son arc : les arts plastiques. Diplômé de l’École des arts modernes de Paris, située rue de la Pompe, il était architecte d’intérieur et designer industriel de formation. Dans un portrait publié par Lemandatexpress, il confiait se sentir davantage peintre et créateur visuel qu’homme de média. Un de ses tableaux aurait même impressionné le célèbre décorateur new-yorkais Claude Grunsky, qu’il admirait — au point, dit-on, de peindre pour lui afin de séduire sa sœur.
Mais, influencé par des ambitions politiques et par sa passion communicative, Éric Didia troqua définitivement le pinceau contre le micro. Il s’y révéla tout aussi talentueux.
Une voix désormais éteinte, mais inoubliable
Sa voix de stentor, sa gouaille légendaire, ses envolées souvent théâtrales et son amour du détail faisaient de lui un conteur hors pair. Jusqu’à son dernier souffle, Éric Didia restera pour beaucoup l’un des plus grands animateurs de Côte d’Ivoire, adulé tant par les puristes que par le grand public.
Ce 7 juin 2025, la radio ivoirienne perd l’un de ses monuments. Mais son héritage, lui, continue de résonner dans la mémoire collective.
M.Galé







