
Royaume Baoulé : Nanan Djè Kouakou II nommé à la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels
Lemandatexpress – Par décret présidentiel n° 2025-362 signé le 04 juin 2025, le Président de la République, Alassane Ouattara, a procédé à la nomination de nouveaux membres au sein du Directoire de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire. Parmi les personnalités désignées figure Sa Majesté Nanan Djè Kouakou II, connu à l’état civil sous le nom de Kouadio Maxime, récemment intronisé roi des Baoulé à Sakassou.
Cette nomination consacre l’entrée officielle du souverain Baoulé dans cette instance nationale qui regroupe les principales autorités coutumières du pays. Elle survient quelques mois seulement après son accession au trône, marquée par une période de tensions internes et de rivalités successorales au sein de la chefferie traditionnelle.
Une succession âprement disputée
La désignation de Kouadio Maxime comme roi n’a pas été de tout repos. À la suite du décès de la reine-mère, Nanan Akwa Boni2, une lutte ouverte s’est déclenchée entre deux prétendants : le prince Otimi Kassi Anvo et Kouadio Maxime. Cette querelle dynastique a rapidement pris une tournure politique, entraînant l’implication de figures influentes du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), parmi lesquelles le doyen Comply Boni, aujourd’hui décédé, qui tenta une médiation.
Face à l’impasse, ce sont les cantons Baoulé eux-mêmes qui ont tranché en faveur de Kouadio Maxime, selon les usages et rites ancestraux, parfois qualifiés de rigides. C’est ainsi qu’il fut consacré, en juin 2024, Nanan Djè Kouassi II, successeur légitime et reconnu de la dynastie Baoulé. Devenant le 14e roi des Baoulé.
Une reconnaissance d’État
Sa désignation comme membre du Directoire de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels, aux côtés d’autres personnalités telles que Tigori Allou Malan Clode (roi), Adobi Aké Placide Guy Marie (chef de village d’Abidjan), et Thiam Augustin Houphouët Abdoulaye (chef de canton de Yamoussoukro), vient ainsi entériner au plus haut niveau sa légitimité royale et lui conférer une reconnaissance d’État.
Conformément à l’article 2 du décret présidentiel, les membres nommés bénéficieront des indemnités et avantages prévus par les textes en vigueur. L’article 3 précise en outre que l’exécution du décret relève de la responsabilité conjointe du Ministre de l’Intérieur, du Ministre des Finances et du Haut Représentant du Président de la République.
Clôture d’une crise traditionnelle
L’entrée de Nanan Djè Kouakou II dans cette institution nationale peut être interprétée comme l’aboutissement du processus de légitimation de son pouvoir, mais aussi comme un signal fort de la fin de la crise de succession qui a secoué le royaume Baoulé. Elle replace ainsi Sakassou dans une dynamique d’unité et de stabilité, au moment où les enjeux de cohésion sociale et de reconnaissance culturelle reprennent une place centrale dans les politiques publiques.
Aussi, derrière cette nomination, c’est tout un pan de l’histoire récente du peuple Baoulé qui se referme, avec désormais l’espoir que la voix de leur roi, désormais membre d’un organe national stratégique, portera plus haut dans la sphère institutionnelle.
Martial Galé






