
Vavoua: une opération policière d’envergure lève le voile sur un trafic humain bien organisé
Lemandatexpress – Dans une Côte d’Ivoire engagée dans la lutte contre les formes modernes d’esclavage, la ville de Vavoua vient de se retrouver au cœur d’un sinistre réseau de traite humaine. Menée dans le cadre de l’opération Épervier 10, une vaste intervention de la police nationale a permis, entre le 12 et le 15 juin 2025, de démanteler une organisation criminelle opérant dans l’ombre.
Derrière les murs de plusieurs villas discrètement surveillées, les forces de l’ordre ont découvert une réalité glaçante : 63 individus, pour la plupart étrangers, maintenus dans des conditions suspectes.
Ce coup de filet, salué par les autorités, met en lumière les rouages d’un trafic organisé et la nécessité pour le pays de renforcer ses mécanismes de prévention et de répression.
Tout a commencé le jeudi 12 juin, lorsqu’un premier signalement attire l’attention des autorités locales. L’enquête s’intensifie rapidement et aboutit à une opération coordonnée dans la nuit du 14 au 15 juin. Sous les ordres du commissaire Sylla Lacina, les forces de l’ordre investissent plusieurs résidences situées dans des quartiers discrets de Vavoua. À l’intérieur, les agents découvrent des dizaines de personnes, dont la présence intrigue immédiatement les enquêteurs.
Le bilan est sans appel : 63 personnes sont interpellées. La majorité d’entre elles sont des ressortissants étrangers retrouvés dans des conditions laissant peu de doute quant à la nature illicite de leur présence. Plusieurs témoignent avoir été recrutées sous de fausses promesses avant d’être privées de liberté, révélant ainsi l’existence d’un système d’exploitation bien rodé.
Les victimes, une fois identifiées, ont pu être prises en charge grâce à la collaboration étroite entre la police nationale et le Comité National de Lutte contre la Traite des Personnes (CNLTP). Cette synergie entre forces de sécurité et structures spécialisées a permis de garantir une réponse rapide et adaptée à la situation.
Quant aux organisateurs de ce réseau, ils ont été présentés au parquet de Daloa. Ils ont été reconnus coupables de traite de personnes et d’association de malfaiteurs, des infractions lourdement sanctionnées par la législation ivoirienne.
Ce démantèlement intervient dans un contexte où la lutte contre la traite humaine demeure une priorité. En 2024, le CNLTP a assisté plus de 1 430 victimes et contribué à la condamnation de 30 trafiquants. Des chiffres qui témoignent de l’ampleur du phénomène et de l’engagement croissant des autorités à y mettre un terme.
Face à cette menace transnationale, la Côte d’Ivoire entend intensifier ses efforts. Des unités spécialisées, en lien avec la police nationale, le CNLTP et les services sociaux, sont déjà mobilisées pour freiner la traite transfrontalière et garantir une meilleure protection des populations vulnérables.
IZOU DINE, avec correspondance particulière







