
Érosion côtière : le ministre Assahoré et le Vice-président de la Banque mondiale saluent l’avancée des travaux de protection du littoral à Lahou-Kpanda
Lemandatexpress – En compagnie d’une délégation de la Banque mondiale, partenaire financier du projet WACA, le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Assahoré Konan Jacques, a effectué, ce samedi 28 juin, une visite des travaux de protection du cordon littoral de Lahou-Kpanda contre l’avancée de la mer.
Il s’agissait de la deuxième mission du genre, après celle de février dernier. Cette visite visait à s’assurer une nouvelle fois de l’état d’avancement de cet ouvrage, soutenu par un financement du Groupe de la Banque mondiale. Lancés en octobre 2024, les travaux sont prévus pour s’achever à la fin avril 2026.
Malgré la pluie, les équipes techniques sont pleinement mobilisées pour la confection des gabions, le dragage du sable en vue de la pose des chenaux dans la lagune pour faciliter la navigation, des géo-bags ainsi que pour l’ouverture de la nouvelle passe (embouchure), entre autres.



À bord de pinasses motorisées, le ministre et la délégation de la Banque mondiale, conduite par le vice-président Ousmane Diagana, ont pu constater de visu l’état du chantier, grâce notamment aux explications fournies par un technicien de l’entreprise Dredging International, en charge des travaux, dans le cadre du projet de protection du littoral ouest-africain (WACA).

Au terme de cette immersion, le ministre a exprimé sa satisfaction. Selon lui, le chantier avance de façon satisfaisante et devrait respecter les délais contractuels. « Aujourd’hui, il était question pour la Banque mondiale, en tant que partenaire financier, de constater l’état d’avancement du chantier. Je suis satisfait. Lors de ma dernière visite, il y a 3 ou 4 mois, le projet en était encore à ses débuts. Aujourd’hui, nous constatons une nette avancée », a-t-il déclaré, saluant l’institution bancaire pour son soutien constant, ainsi que le Premier ministre Beugré Mambé pour son engagement personnel.
Assahoré Konan Jacques a par ailleurs souligné que le site de Lahou-Kpanda illustre parfaitement les effets dévastateurs de l’érosion côtière : « La mer grignote continuellement les côtes, au point qu’un village entier a quasiment disparu », a-t-il déploré, évoquant les nombreuses campagnes de sensibilisation menées auprès des communautés locales, pour expliquer les causes de l’érosion, notamment certaines pratiques humaines aggravantes.

À l’en croire, l’ensemble du littoral ivoirien, long d’environ 560 kilomètres, est impacté par l’érosion, une conséquence directe du changement climatique. Si l’ampleur du phénomène varie en fonction des zones, elle est particulièrement marquée à Lahou-Kpanda, Port-Bouët, Bassam, Assinie et San Pedro, identifiés comme les cinq principaux points chauds du pays. C’est pourquoi la Côte d’Ivoire a récemment soumis un dossier pour bénéficier du programme WACA Plus, dans l’optique d’étendre les interventions à Assinie.
De son côté, le vice-président du Groupe de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, a insisté sur l’importance de ces travaux pour la protection des communautés côtières, dont les ressources marines et terrestres contribuent fortement à la croissance économique et à la résilience climatique. « Au-delà de la Côte d’Ivoire, le projet WACA concerne tous les pays côtiers de la sous-région », a-t-il rappelé, se félicitant de l’évolution notable du chantier de Lahou-Kpanda.

Le maire de Grand-Lahou, Ali Sissoko, s’est également réjoui de l’avancée du projet. Pour lui, la zone est sur le point d’entrer dans une nouvelle ère socio-économique après 28 ans d’attente.
De fait, comme l’a souligné Kassi Jean-Baptiste, coordonnateur du projet WACA, la protection du cordon littoral, combinée à l’ouverture de la nouvelle embouchure, va dynamiser l’économie locale. « Il y aura des investissements sociaux, notamment le reboisement de 14 hectares de mangroves, la création de cinq forêts communautaires et d’activités génératrices de revenus. La pêche sera plus abondante et l’activité touristique plus florissante ». Une profession de foi, qui donne de l’espoir face à cette menace que constitue l’avancée de la mer.
Martial Galé, de retour de Lahou-Kpanda







