
Tidjane Thiam depuis Paris : « Si le PDCI-RDA est autant attaqué, c’est parce que l’action que nous avons menée est couronnée de succès »
Lemandatexpress – Dans une déclaration diffusée depuis Paris, le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, a pris fermement position sur l’arrestation de cinq leaders de jeunesse de son parti. À travers une adresse vidéo, il a réaffirmé sa solidarité, dénoncé les atteintes à la démocratie et affirmé que les attaques contre son parti ne sont que le signe de sa montée en puissance.
Tidjane Thiam a pris le crachoir, comme souvent, pour se prononcer sur l’actualité politique nationale. Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) a brisé le silence sur l’arrestation de cinq dirigeants de mouvements de jeunesse de sa formation politique, dont Innocent Yao et Henri Joël N’dri Kouadio. Fidèle à son style direct, l’ancien banquier international s’est montré à la fois solidaire, critique, mais aussi confiant quant à la trajectoire politique actuelle du parti doyen.
« Nous regrettons bien entendu cette situation, et je tiens à les assurer, tous les cinq, du soutien et de la solidarité du PDCI, et de moi-même, en tant que président, je me tiens informé de la situation, heure par heure, jour par jour, et je m’assure que nous apportons à eux-mêmes’ et à leur famille, tout le soutien dont ils ont besoin. Et je leur souhaite beaucoup de courage dans cette épreuve », a-il adressé.
« Ce que nous voulons changer »
Loin d’une simple compassion, le leader du PDCI dénonce ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du régime en place. « Tout cela est malheureux, et ce n’est pas cette communauté-là que nous souhaitons voir. Il s’agit d’attaques contre la démocratie, qui sont répétées, et tout à fait regrettables. C’est tout cela que nous voulons changer. »
Pour Tidjane Thiam, ces arrestations ne sont pas un hasard. Elles seraient le signe d’un parti en plein renouveau et d’une opposition qui dérange. « En réalité, si le PDCI est autant attaqué, c’est parce que l’action ferme que nous avons tous menée ensemble ces dernières années est couronnée de succès. Nous avons sillonné le pays, nous sommes allés partout, écouter les Ivoiriens. À partir des groupes de travail que j’ai constitués avec plus de 400 experts, un diagnostic précis de la situation de notre pays a été posé, ce qui m’a permis de livrer une critique précise, factuelle, du pouvoir et du régime. Et ces critiques ont été entendues. »
Il ajoute que la popularité actuelle du parti s’explique par un discours qui touche les cœurs et les réalités vécues par les populations. Pour ce faire, il rappelle « des propositions faites, visant à mettre l’homme, la personne humaine, la dignité humaine au cœur de notre projet pour la Côte d’Ivoire ». Toute chose qui, selon lui, « a résonné dans le cœur des Ivoiriens, et a fait que le PDCI bénéficie aujourd’hui d’une très grande popularité, bien au-delà du cercle de ses militants ».
Le piège de la division
C’est cette dynamique ascendante, soutient Thiam, qui explique les attaques subies. « C’est de là qu’est venu notre problème. Nous sommes aujourd’hui attaqués, en quelque sorte victimes de notre succès. Parce que nous faisons face à un régime qui ne souhaite pas — ou ne montre pas les signes — d’une alternance pacifique et démocratique. »
Le petit neveu d’Houphouët-Boigny présente, en sus, le PDCI comme le symbole d’une opposition crédible, sérieuse et rassembleuse : « Un parti d’opposition a deux choix. Le premier, c’est de faire ce que nous faisons depuis 18 mois : être la partie responsable, compétente, sérieuse, qui travaille sur le terrain, qui critique, qui analyse et qui propose. […] La seconde option, c’est d’être un opposant de complaisance. […] Je sais que ce n’est pas ce que vous voulez, vous militantes et militants du PDCI», assure-t-il.
De plus, le président du PDCI insiste sur l’unité, appelant ses partisans à ne pas tomber dans le piège de la division au risque de transformer une victoire en défaite. […]. Car, à l’en croire, « la raison pour laquelle nous sommes autant attaqués, c’est que nous sommes sur la bonne voie, et que nous allons vers la victoire. On ne s’attaque pas à ce qui est insignifiant ».
Sur le plan stratégique, Thiam rappelle également les efforts de coalition engagés avec d’autres forces politiques d’opposition. Notamment la Coalition pour une alternance pacifique en Côte d’Ivoire ( CAP-CI), avec le MGC de Mme Gbagbo, le COJEP de Blé Goudé, l’URD de Boni-Claverie, le FPI d’Affi N’Guessan, et bien d’autres.
Enfin, il conclut avec une note d’optimisme et de détermination, assurant que « la victoire est au bout. Et le PDCI, dans la recherche de cette victoire, continuera à incarner trois idéaux chers aux Ivoiriens : la paix, la justice, et la liberté ».
Martial Galé






