
Éducation nationale: Yamoussoukro abrite un atelier pour l’amélioration durable du système éducatif privé
Lemandatexpress – Dans sa volonté d’apporter des solutions aux difficultés qui minent les établissements privés, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (MENA) organise, du mercredi 27 au vendredi 29 août 2025, à Yamoussoukro, un atelier de réflexion sur la problématique de l’enseignement général dans le secteur privé de l’éducation en Côte d’Ivoire.
Les travaux ont été ouverts par la directrice de cabinet adjointe, Anastasie Kacou Sepou, représentant la ministre Mariatou Koné. Objectif affiché : repenser le fonctionnement des établissements privés afin d’améliorer durablement la qualité des enseignements.
Rappelant que depuis 1995 la loi a confié au privé une partie de la mission d’assurer l’accès à l’éducation, Mme Kacou Sepou a souligné que le secteur compte aujourd’hui 3 008 établissements secondaires, dont 2 810 laïcs, accueillant près d’un million d’élèves. Toutefois, plusieurs défis demeurent : non-paiement ou paiements irréguliers des enseignants, infrastructures insuffisantes, faiblesse des résultats scolaires, fraude aux examens, existence d’établissements clandestins ou encore conventions devenues caduques.

“C’est en vue d’apporter des réponses à ces problématiques que Mme la ministre a souhaité la tenue de cet atelier”, a-t-elle expliqué, appelant à “un dialogue constructif entre l’État et les fondateurs d’écoles privées”.
Les assises permettront, entre autres, de revisiter la convention entre l’État et les établissements privés, de réviser la convention collective entre personnels et fondateurs, de créer un cadre permanent de concertation, mais aussi d’instruire les participants sur la fiscalité, la CNPS, les droits et devoirs des fondateurs et du personnel.

Pour sa part, la directrice de l’Encadrement des Établissements Privés (DEEP), Touré née Diarra Mariam, a salué la démarche de la ministre. Elle a rappelé que les difficultés du secteur sont connues : précarité des enseignants, qualité des infrastructures, respect des cahiers des charges, tutorat imposé par certains fondateurs, fiscalité.

“Convaincus que la recherche d’un environnement apaisé implique l’adhésion de tous, il est impératif d’instaurer un cadre de dialogue et de concertation”, a-t-elle insisté.
Dans son exposé de cadrage, le secrétaire permanent du Conseil consultatif de l’éducation, Souleymane Koné, a précisé que l’atelier n’était pas un cadre de décision mais “un espace de propositions pour orienter les futures réformes”. L’assainissement du secteur, la stabilité des salaires, l’application des réformes pédagogiques et l’élaboration d’une nouvelle convention figurent parmi les priorités évoquées.
En réunissant représentants de l’État, structures techniques et fondateurs d’établissements privés, cet atelier entend jeter les bases d’un partenariat renouvelé. Finalité : restaurer la confiance, améliorer la qualité de l’enseignement et garantir que les élèves ivoiriens, premiers bénéficiaires, en sortent gagnants.
Pacôme N’Goran







