
Région du Gbêkê : Marie France Kouakou PCA de l’ONG Overcome Women milite pour l’inclusion des femmes dans la gouvernance locale
Lemandatexpress – En marge d’une formation de trois jours sur les droits et la santé sexuelle et reproductive (DSSR), l’ONG Overcome Women a porté un plaidoyer fort en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision villageoises. L’appel a été lancé par sa présidente du Conseil d’administration (PCA), Marie-France Kouakou, devant les chefs et notables des villages de Botro et de Diabo.
Du 27 au 29 août 2025, l’ONG a initié une session de renforcement de capacités à l’endroit de 26 femmes leaders communautaires et de 10 autorités coutumières. Cette activité organisée grâce au partenaire speak up Africa à travers le projet voix essentielles, avait pour objectif d’outiller les participants sur les droits en matière de DSSR. Cela, en abordant notamment la prévention des grossesses précoces, la lutte contre les violences sexuelles, l’accès à l’information et aux soins, ainsi que la santé maternelle.
C’est dans ce cadre que Marie-France Kouakou a interpellé les autorités coutumières sur la nécessité d’associer davantage les femmes aux décisions communautaires. En effet, selon elle, les femmes, bien qu’en première ligne dans l’éducation des enfants, la santé des familles et le dynamisme économique local, restent encore trop souvent absentes des lieux de pouvoir. Or, a-t-elle poursuivi, leur intégration structurée et significative dans les comités locaux et les réunions villageoises est une condition essentielle pour améliorer la qualité et l’efficacité des décisions prises au niveau communautaire.

« Si les femmes ne sont pas présentes dans les espaces où l’on décide des priorités du village (éducation, santé, sécurité, développement), leurs besoins en matière de DSSR restent ignorés ou mal compris.C’est pourquoi l’inclusion des femmes dans les instances de décision n’est pas une faveur : c’est une nécessité pour améliorer durablement la santé, la dignité et le bien-être de tous.», a-t-elle précisé.
De plus, la présidente a établi un lien direct entre la participation des femmes et l’efficacité des politiques locales en matière de DSSR. Selon elle, personne ne connaît mieux que les femmes les réalités des grossesses précoces, des décès maternels évitables, des violences sexuelles ou des difficultés d’accès aux soins. Ainsi, les associer pleinement aux décisions, c’est reconnaître leur rôle d’actrices de prévention et d’éducation et leur donner la légitimité nécessaire pour agir avec plus d’impact au sein des communautés. « Ce que nous demandons, ce n’est pas seulement d’entendre les femmes, mais de leur donner une place légitime là où se décident les actions qui affectent directement leur vie et celle de leurs filles. La santé sexuelle et reproductive ne peut plus être décidée sans celles qui en sont les premières concernées.Intégrer les femmes dans les instances de décision, c’est renforcer l’efficacité des actions en DSSR, prévenir les risques, et améliorer durablement la vie communautaire», a expliqué Marie France Kouakou.

Toutefois, la première responsable de l’ONG a tenu à préciser que ce plaidoyer ne vise pas à remettre en cause les traditions, mais plutôt à les enrichir et à les adapter aux défis actuels. À l’en croire, intégrer les femmes dans les instances décisionnelles ne relève pas seulement de la question d’égalité, mais constitue également un choix stratégique pour bâtir un avenir plus équilibré et prospère.
« Nous vous adressons aujourd’hui cet appel non pas comme une rupture avec nos traditions, mais comme une évolution partagée, qui s’inscrit dans le respect de notre héritage culturel. Car une culture vivante est une culture qui s’adapte, qui écoute et qui avance avec son temps, pour répondre aux défis nouveaux que rencontrent nos enfants, nos familles, et nos communautés. La transformation que nous proposons n’est pas contre vous, elle est avec vous. Elle ne vise pas à renverser l’ordre établi, mais à enrichir la gouvernance villageoise par la diversité des voix, en particulier celles des femmes, trop souvent exclues des espaces de parole, alors qu’elles portent le quotidien sur leurs épaules.Intégrer les femmes dans les instances de décision, ce n’est pas seulement une question d’égalité c’est un acte de bon sens, un choix stratégique», a-t-elle rassuré.
En conclusion, elle a invité les chefs et notables à devenir les artisans de cette transformation sociale, en ouvrant les portes de la gouvernance aux femmes. Selon elle, une telle démarche permet non seulement de renforcer la cohésion sociale, mais aussi d’investir dans la stabilité et le développement durable des villages.
Abran Saliho







