
Amadou Coulibaly, à propos de la présidentielle 2025 : « L’expérience et la sagesse d’Alassane Ouattara sont indispensables à la Côte d’Ivoire »
Lemandatexpress – Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly a accordé un entretien à TV5 monde. Au centre des échanges, la candidature du président Alassane Ouattara à un nouveau mandat ou encore l’éligibilité des figures de l’opposition que sont : Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. M. Coulibaly y est allé sans langue de bois.
Monsieur le ministre, pourquoi les électeurs ivoiriens devraient-ils reconduire Alassane Ouattara à son poste ?
Parce que les Ivoiriens ont besoin de paix, les Ivoiriens ont besoin de stabilité, les Ivoiriens sont fiers de leur pays. Ils ont décidé de continuer avec celui qui leur apportait cette paix, cette stabilité, cette fierté. Alassane Ouattara, c’est 15 ans de stabilité, c’est 15 ans de rayonnement international, de crédibilité internationale de la Côte d’Ivoire, c’est 15 ans de stabilité. Si nous n’avions pas ce président, je dirais, nourri à la sève de la sagesse, peut-être que la Côte d’Ivoire serait en conflit aujourd’hui avec ses voisins, quand vous regardez l’actualité au niveau sous-régional.
Alors, monsieur le ministre, tous les Ivoiriens ne partagent pas votre opinion. Néanmoins, comment comptez-vous convaincre les électeurs qui considèrent que 15 années de pouvoir suffisent pour tout chef d’État africain ?
Si l’on estime que la fin de la démocratie, c’est l’expression du peuple, si les Ivoiriens ont décidé de continuer pour faire 20 ans de stabilité, 20 ans de paix, 20 ans de développement, on ne peut pas leur en vouloir. Tout va se jouer au niveau des urnes. Ceux qui pensent que 15 ans, ce n’est pas assez, je respecte leur opinion, mais ce n’est certainement pas l’opinion de la majorité des Ivoiriens qui ont appelé à la candidature du président Ouattara. Je voudrais le rappeler, parce que nous avons vu à travers le pays tous ces appels à la continuité du régime de paix, de stabilité, de développement et de crédibilité internationale que le président Ouattara a apporté à la Côte d’Ivoire.
Face aux critiques sur l’âge du président Alassane Ouattara, 83 ans aujourd’hui, quels arguments avancez-vous en ce qui concerne sa capacité à diriger le pays encore 5 ans ?
Déjà, ce qu’il faut savoir, c’est que ce qui est important dans la gestion d’un pays, c’est l’expérience.
Au regard des enjeux sous-régionaux, l’expérience est importante. Nous ne pouvons pas aller à l’aventure avec quelqu’un qui n’a pas la sagesse et l’expérience du président Ouattara. Donc, contrairement à ce qu’il pense, nous croyons, et ça, c’est l’Afrique qui le dit, que l’âge est aussi très souvent synonyme de sagesse et d’expérience.
Et donc, de ce point de vue, le président Ouattara lui-même nous a assuré qu’il était en très bonne santé. C’était le plus important. Dès lors qu’il est en bonne santé et qu’il a toutes les aptitudes intellectuelles pour diriger ce pays, nous pensons qu’il doit continuer.
C’est pour cela que nous l’avons appelé à continuer à gérer le pays.
Lors de sa déclaration de candidature fin juillet, le président a évoqué des défis sans précédent à relever. Quels sont-ils concrètement et pourquoi nécessitent-ils sa continuité ?
Déjà, il y a l’enjeu sécuritaire sous-régional. C’est très important au regard des défis qui guettent la sous-région, avec notamment la menace terroriste. Il y a également des enjeux monétaires.
On le sait très bien. L’Afrique de l’Ouest s’est engagée sur l’adoption de l’Éco. C’est une politique monétaire qui nécessite la présence à la tête d’un pays comme la Côte d’Ivoire, locomotive de l’Afrique de l’Ouest francophone. En termes de développement économique, il faut bien quelqu’un qui a l’expérience de la gestion monétaire pour pouvoir conduire cette politique.
Au-delà, il y a tous les enjeux économiques aussi et puis les enjeux de cohésion sociale et de paix pour ce qui concerne la Côte d’Ivoire de façon spécifique, mais également toute la sous-région. Je parlais tout à l’heure de quelques politiques belliqueuses au niveau de la sous-région, mais il faut bien quelqu’un qui a la sagesse nécessaire pour pouvoir constituer un rempart face à toutes ces intentions belliqueuses.
La liste définitive des candidats sera connue au plus tard mercredi. Concrètement, dans le domaine économique, considérez-vous qu’Alassane Ouattara est parvenu, après 15 ans de pouvoir, à changer l’avis d’une majorité d’Ivoiriens ?
Totalement. Déjà, rien qu’au niveau de la réduction de la pauvreté, nous sommes partis d’un taux de pauvreté d’environ 55%, qui aujourd’hui a été baissé à 37%, avec comme objectif de le ramener à 20% à l’horizon de 2030. Il faut aussi noter un revenu par tête d’habitant qui a été doublé, passant d’environ 800.000 à 1.600.000. France CFA, donc, pratiquement 3.000 dollars US.
Il faut voir aussi une inflation contenue, qui aujourd’hui tourne autour de 3%. Un taux de croissance moyen de 6,5%. C’est vrai qu’on dirait que tout ça, c’est des chiffres, mais ça se traduit par l’existence d’une véritable classe moyenne dans notre pays et cela se voit au niveau de la consommation avec, justement, toutes ces enseignes qui sont présentes dans notre pays, avec toutes ces grandes surfaces qui apparaissent de plus en plus dans notre pays, parce que nous sommes un pays crédible économiquement.
Alors, je le disais tout à l’heure, tous les Ivoirens ne sont pas unanimes en ce qui concerne cette nouvelle candidature du Président Ouattara. Certains estiment même que l’exclusion de Laurent Gbagbo et Tidiane Thiam, ces deux opposants, vide cette élection de son sens démocratique. Que leur répondez-vous ?
La Côte d’Ivoire est un État de droit. L’État de droit suppose le respect des textes. Là, nous avons un cas de personnels politiques qui n’ont pas la stature d’homme d’État. Je me souviens qu’en 1995, lorsqu’il a été introduit dans le Code électoral la notion de la résidence, la clause de la résidence qui exigeait de séjourner cinq ans avant l’élection dans son pays, le Président Ouattara a estimé que ce texte l’empêchait d’être candidat.
Il n’a pas fait acte de candidature. Quand on est habitué au passe-droit, quand on est habitué à prendre les cours d’échelle, on peut penser qu’on peut impunément violer les textes de son pays. Nous sommes un pays qui veut faire respecter et appliquer ces textes.
Donc, de ce point de vue, nous invitons ces personnes à respecter l’État de droit qu’est la Côte d’Ivoire.
Toujours en ce qui concerne l’opposition, certains opposants ivoiriens estiment et dénoncent une forme de fatigue démocratique en Côte d’Ivoire. En tant que ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, est-ce que vous percevez cette fatigue au sein de l’opinion ivoirienne ?
Du tout. Rien qu’à voir l’enthousiasme qui accompagne cette élection. Je voudrais rappeler que nous avons une soixantaine de candidats. Ça montre bien l’ouverture de cette élection, même si, évidemment, certains candidats ont déposé leur candidature en sachant qu’ils ne remplissaient pas les conditions.
Ils savent pourquoi. Mais ce que nous, nous savons, c’est qu’il y a un engouement. Il y a un engouement au niveau des populations, un engouement au niveau des électeurs, mais surtout de cette population qui a envie de continuer sa marche vers la paix, vers le développement.
Enfin, M. le ministre, la Côte d’Ivoire s’est engagée avec le Stade Français Paris, le club de rugby du top 14 dans le championnat de France. Sublime Côte d’Ivoire, c’est le message qui apparaîtra sur les maillots de match. En quoi sponsoriser un club parisien français sert-il les intérêts de la Côte d’Ivoire ?
Déjà, il faut savoir ce que représente le rugby en Occident. Il ne s’agit pas que de la France. Il s’agit, à partir de la France, de vendre la Côte d’Ivoire dans toute l’Europe.
C’est vrai que beaucoup de pays africains ont notamment signé avec des clubs de football, mais quand on connaît la place du rugby, nous nous félicitons. Et là, je salue l’initiative du ministre du Tourisme de se diriger vers un club de rugby. Et je pense que nous sommes le premier pays africain à signer avec un club de rugby pour faire la promotion de sa destination.
Retranscrit par M. Galé
Source : TV5 monde







