
Politique : Quand le conseil constitutionnel réconcilie Affi et Gbagbo
Lemandatexpress – Pendant plus de dix ans, le divorce politique entre Laurent Gbagbo et Pascal Affi N’Guessan a fragilisé le Front Populaire Ivoirien (FPI) et divisé ses militants. L’un incarnait « la légitimité historique », l’autre « la légalité institutionnelle ». Résultat : deux camps irréconciliables, deux sigles concurrents, et une opposition affaiblie face au pouvoir.
Mais le verdict du Conseil constitutionnel du 08 septembre, qui a rejeté leurs candidatures à la présidentielle d’octobre 2025, a produit un effet inattendu.
C’est dans ce revers commun que s’est opéré un rapprochement. Laurent Gbagbo et Pascal Affi N’Guessan, deux adversaires de longue date, se sont retrouvés côte à côte, l’un dans les bras de l’autre, ce 10 septembre, lors d’une rencontre entre les candidats recalés de l’opposition.

Cette image est lourde de symboles. Elle montre que parfois, l’adversité crée des passerelles que les calculs politiques n’avaient pas su bâtir. Ce « malheur » leur exclusion de la course pourrait se transformer en opportunité : redonner au FPI une voix unifiée et crédible dans le débat national.
Au-delà de leur personne, c’est aussi l’opposition ivoirienne qui pourrait tirer profit de cette réconciliation. Car à l’heure où le pouvoir apparaît solidement organisé derrière Alassane Ouattara, l’opposition ne peut se permettre de rester éparpillée. Le rejet des candidatures agit donc comme un électrochoc, rappelant que l’unité est une condition de survie politique.
En somme, la politique a ses ironies : ce que les victoires n’ont pas réussi à accomplir, une défaite commune l’a imposé.
Abran Saliho







