
Cameroun – La nouvelle porte-parole d’Issa Tchiroma Bakary, directe: « Il y a un président élu et un dictateur entouré d’une équipe qui gère… »
Lemandatexpress – Au lendemain de la présidentielle du 12 octobre au Cameroun, la tension politique ne retombe pas. Battu selon les chiffres officiels mais toujours déterminé à contester la légitimité du scrutin, Issa Tchiroma Bakary a désigné l’avocate Alice Nkom, figure emblématique de la société civile, comme nouvelle porte-parole. Et pour sa première prise de parole, la célèbre militante de 80 ans n’a pas mâché ses mots.
La présidentielle, rappelons-le, a été officiellement remportée par Paul Biya, avec un peu plus de 53 % des suffrages selon la Commission nationale de recensement des votes. Des résultats ensuite confirmés par le Conseil constitutionnel, seule instance habilitée à proclamer le verdict final du scrutin.
Malgré cela, Issa Tchiroma continue d’affirmer qu’il est le véritable vainqueur, rejetant la proclamation du Conseil et dénonçant de graves irrégularités. Une posture qu’il avait adoptée dès le lendemain du vote en se proclamant lui-même président élu.
C’est dans cette atmosphère de contestation vive qu’Alice Nkom a décidé d’entrer en scène. La nouvelle porte-parole a donné le ton, lundi 17 novembre: « Beaucoup de gens se demandent s’il y a deux présidents au Cameroun. La réponse est non. Il y a un président élu : Issa Tchiroma Bakary, et un dictateur entouré d’une équipe qui gère, protège et profite de la dictature. »
Cette sortie très directe vise clairement le régime de Paul Biya, dont l’opposition dénonce depuis des décennies la longévité et le verrouillage institutionnel. Pour Nkom, la décision du Conseil constitutionnel ne reflète pas la volonté populaire, et la proclamation de Biya ne serait que l’aboutissement d’un système qu’elle juge verrouillé et antidémocratique.
Aussi, son engagement dans ce bras de fer politique ne surprend pas. Alice Nkom est connue comme l’une des voix les plus libres du Cameroun, militante infatigable des droits humains, régulièrement en première ligne face aux dérives du pouvoir. En s’associant à Issa Tchiroma Bakary, elle devient désormais l’un des visages les plus visibles de la contestation post-électorale.
Cette prise de position renforce également la stratégie de Tchiroma, qui, contrairement à d’autres opposants, n’a pas déposé de recours devant le Conseil constitutionnel. Il dit préférer « la vérité des urnes » exprimée par la population plutôt que des procédures institutionnelles qu’il juge verrouillées.
En somme, Nkom vient donner à son camp une voix ferme, expérimentée, capable de transformer ce rejet des résultats en une véritable offensive politique.
M. Galé







