
PPA-CI : Laurent Gbagbo révoque plusieurs cadres pour non respect du mot d’ordre de boycott des législatives
Lemandatexpress – Le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a annoncé ce mercredi la révocation d’une vingtaine de cadres du parti, leur reprochant d’avoir contrevenu à la décision collective de boycotter les élections législatives de décembre 2025.
Cette décision ferme concerne notamment Affoua Kra Monique, Assémien Kacou Edouard, Asseu Elolo Sidonie, Assi Ndin Théodore, Bohui Hugues Gérard Kurtus, Dago Kouassi Auguste, Dalli Arthur Prince-Richard, Ecra Elidjé Joseph, Garou Antoni, Gbahi Honoré Martial, Gnonblesson Pierre Quintus, Gooré Bi Gnamien Taunin, Kipré Stéphane, Koffi Loukou Léon, Koua Charles-Philipps Kinimo, Kprekpré Zilihonon Bernadette Ernestine Sylvie, Lago Lebato Modeste, Lasm Ny Blaise, N’Guessan Béchié Paul, Ouégnin Georges Armand, Séri Louma Hortense et Youté Wonsébéo Innocent.

Selon le communiqué signé par la porte-parole du PPA-CI, Me Habiba Touré, cette mesure « mûrement réfléchie » intervient après que plusieurs cadres ont déposé leur candidature aux législatives, malgré la résolution adoptée par le Comité central le 6 novembre dernier.
Lors de cette session, Laurent Gbagbo avait réaffirmé son opposition à une participation du parti aux élections à court terme, déclarant notamment : « Je suis contre l’élection à court terme (…) s’apprêter le 12 pour aller en décembre, c’est couvrir la forfaiture qui a eu lieu. C’est couvrir les blessés et les morts qui ont eu lieu d’un linceul dédaigneux. »
À l’issue d’un débat interne jugé « libre et démocratique », le Comité central — instance souveraine du parti — a tranché en faveur du boycott. Une décision rendue obligatoire pour tous les membres conformément à l’article 8 des statuts du PPA-CI.
Le respect de la discipline au cœur des justifications
Le parti estime que la discipline interne ne peut souffrir d’exception, encore moins de la part de cadres ayant été nommés par le président lui-même. Pour la direction du PPA-CI, participer aux législatives reviendrait à tourner le dos au combat du parti et à manquer de respect aux victimes des violences politiques.
« Servir un parti, c’est accepter de le respecter, dans les moments faciles comme dans les épreuves », souligne le communiqué, rappelant que le boycott porte la mémoire des morts, la dignité des blessés et la situation des prisonniers politiques.
Une décision “avec regret mais avec fermeté”
La direction explique que les cadres révoqués ont « sciemment choisi la désobéissance et l’insubordination », en se portant candidats à des élections auxquelles le PPA-CI refuse de prendre part.
Dans cette période qualifiée de « grave », le parti affirme vouloir rester fidèle à ses principes et poursuivre son combat pour une Côte d’Ivoire « démocratique, juste et souveraine ».
HILAIRE GUEBY







