
Législatives 2025 : Les véritables motivations des cadres du PPA-CI qui défient la ligne officielle du parti
Lemandatexpress – Bien que le Parti des Peuples Africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI) ait annoncé son retrait des élections législatives du 27 décembre 2025, plusieurs figures majeures du parti ont néanmoins choisi d’entrer en compétition. Sur les 1 143 candidatures validées par la Commission électorale indépendante (CEI), mardi 18 novembre, 22 proviennent du PPA-CI, dont trois personnalités de premier plan : Stéphane Kipré, vice-président du parti, Prince Arthur Dalli, président intérimaire de la jeunesse et maire de Lakota, et Lasm Blaise, secrétaire général adjoint actuellement incarcéré.
Cette décision contraste avec la position officielle du parti, annoncée le 6 novembre lors d’un comité central, qui dénonçait un contexte politique hostile, marqué par « la répression », des « harcèlements judiciaires » et l’absence de « garanties d’élections crédibles ».
Un choix stratégique, motivé par des enjeux judiciaires
L’entrée en lice de ces cadres ne relève pas d’une contestation idéologique ou d’une volonté de braver Laurent Gbagbo. Selon nos informations, leurs candidatures répondent avant tout à une stratégie de protection personnelle face aux procédures judiciaires en cours.
Stéphane Kipré et Prince Arthur Dalli, tous deux sous contrôle judiciaire depuis plusieurs années et soumis à des restrictions de déplacement, visent principalement à obtenir l’immunité parlementaire, qui protège les députés de poursuites ou d’arrestations sauf cas de flagrant délit ou décision de l’Assemblée nationale.
« Ce n’est pas un acte de défiance. C’est une façon de se protéger contre des poursuites qu’ils estiment abusives », confie un proche.
Le cas Lasm Blaise : candidature depuis la détention
Arrêté le 29 septembre pour « appel à l’insurrection » et « trouble à l’ordre public », Lasm Blaise conserve ses droits civiques et peut légalement concourir. Sa démarche répond à la même logique : obtenir, en cas d’élection, une protection institutionnelle face aux poursuites judiciaires. Son avocate devrait déposer une demande de liberté provisoire afin qu’il participe à la campagne.
Une décision individuelle qui heurte la discipline du parti
Ces initiatives personnelles ont conduit à la révocation des trois cadres de leurs fonctions internes. Mais selon leur entourage, il ne s’agit ni d’une rupture politique ni d’une trahison :
Ils envisagent, en cas de victoires, de mettre leur mandat au service du PPA-CI, tout en consolidant leur propre sécurité judiciaire.
Izou Dine avec l’Inter







