
Le Venezuela sous contrôle américain : les coulisses de l’exfiltration de Maduro par la Delta Force
Spectaculaire. La capture et « l’exfiltration » du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, ce samedi 3 janvier, est un événement rarissime. Dans l’histoire américaine, il n’existe à ce jour qu’un précédent.
En 1989, le président de l’époque, George Bush, ancien directeur de la CIA, avait ordonné l’invasion du Panama pour capturer l’homme fort du pays, le général Manuel Noriega, ex-collaborateur des services secrets américains poursuivi par la justice américaine pour trafic de drogue.
Selon les premiers éléments évoqués par la presse américaine ce samedi 3 janvier, l’opération au Venezuela, minutieusement préparée pendant plusieurs mois, a été menée notamment par la « Delta Force », présentée comme « l’unité d’élite des forces spéciales de l’armée américaine. » C’est cette unité ultrasecrète crée en 1977 qui était notamment à l’œuvre lors de l’élimination en 2019 du chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi.
150 avions mobilisés
Le New York TImes affirme également que la capture de Nicolás Maduro a été permise par un agent de la CIA infiltré au sein du gouvernement vénézuélien. L’agence aurait notamment surveillé la position et les déplacements du président, menacé désormais d’un procès aux États-Unis, grâce à une flotte de drones furtifs.
L’opération a été préparée « depuis des mois » et a mobilisé plus de 150 avions, a révélé le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, lors d’une conférence de presse aux côtés de Donald Trump. « Cette opération, baptisée Absolute Resolve (détermination absolue, NDLR) discrète, précise et menée pendant les heures d’obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d’entraînement », a-t-il précisé, indiquant qu’elle avait mobilisé plus de 150 avions.
« Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice, avec l’aide de notre incroyable armée américaine », a ajouté le haut gradé américain.
Le précédent de 1989
Trente-six ans plus tôt, la méthode employée par Washington était sensiblement différente, pour un même but. En 1989, quelque 27 000 GI, dont 13 000 stationnés au Panama, avaient ainsi participé à l’opération « Juste Cause », qui a fait officiellement 500 morts. Mais des ONG évaluent le nombre des victimes à plusieurs milliers. Le 20 décembre 1989, les soldats américains avaient pris possession des rues de la capitale.

Après s’être réfugié deux semaines à l’ambassade du Vatican, Manuel Noriega s’était finalement rendu le 3 janvier 1990.
Deux ans avant sa capture, le dirigeant affirmait que sa tête était mise à prix parce qu’il refusait de coopérer à un plan américain d’invasion du Nicaragua. Il sera condamné par un tribunal de Floride à 40 ans de prison pour trafic de drogues et blanchiment de capitaux, une peine réduite de moitié pour bonne conduite.
Manuel Noriega a été détenu successivement, jusqu’à sa mort en 2017, aux États-Unis, en France et au Panama pour trafic de drogue, blanchiment de fonds et disparitions forcées d’opposants pendant qu’il était au pouvoir (1983-1989). Nicolas Maduro, lui, doit maintenant être jugé, et répondre entre autres d’accusations de narcoterrorisme. L’administration Trump s’apprête, de son côté, à « diriger » le Venezuela juqu’à nouvel ordre.
Avec AFP







