
Recul démocratique : Tidjane Thiam met en cause le processus électoral de 2025
Lemandatexpress – Dans son message de Nouvel An adressé aux militants du PDCI-RDA et à l’ensemble des Ivoiriens, Tidjane Thiam a livré une critique sévère du processus électoral de 2025, qu’il estime non conforme aux exigences démocratiques et légales. Pour le président du PDCI-RDA, l’année écoulée, qui devait incarner un moment de renouveau politique, s’est finalement imposée comme celle d’un recul démocratique préoccupant pour la Côte d’Ivoire.
L’année 2025 s’était pourtant ouverte dans un climat d’espoir, marqué par une forte mobilisation populaire autour du PDCI-RDA, notamment au sein de la jeunesse. Meetings, réunions publiques et adhésions massives traduisaient l’attente d’un changement démocratique, social et économique. L’élection présidentielle du 25 octobre 2025 aurait dû, selon Tidjane Thiam, offrir aux Ivoiriens l’opportunité d’exprimer librement leurs choix dans le respect des principes démocratiques. Mais cette dynamique a été, à ses yeux, brisée par un processus électoral entaché de graves irrégularités.
Au cœur des griefs soulevés figure l’absence de révision de la liste électorale en 2025. Le président du PDCI rappelle que l’article 6 de l’ordonnance du 8 avril 2020 portant révision du Code électoral impose une mise à jour annuelle du fichier électoral.
Une obligation légale qui n’a pas été respectée, alors même que l’opération était budgétisée et financée. Pour Tidjane Thiam, cette décision a privé des millions d’Ivoiriens, en particulier les jeunes primo-votants, de leur droit de participer au scrutin, dans un pays où le taux d’inscription sur les listes électorales demeure parmi les plus faibles d’Afrique.
À cette entorse à la loi s’ajoute, selon lui, l’exclusion judiciaire de plusieurs leaders majeurs de l’opposition de la course à la présidentielle. Une situation qui a contribué à créer un climat politique tendu, marqué par des restrictions des libertés publiques et des atteintes aux droits fondamentaux des citoyens. Tidjane Thiam estime que ces pratiques ont vidé l’élection de sa substance démocratique et entamé la confiance des populations dans le système électoral.
Les chiffres officiels de la Commission électorale indépendante viennent, selon le leader du PDCI-RDA, confirmer cette crise de confiance. Lors des élections législatives, la participation n’a atteint que 18 % à Abidjan, traduisant une abstention massive de près de 80 %. Pour lui, ce faible engouement électoral est le symptôme d’un malaise démocratique profond et d’un décrochage entre les citoyens et les institutions chargées d’organiser les élections.
Tout en prenant acte des résultats issus des urnes, Tidjane Thiam affirme que le PDCI-RDA n’a jamais cédé ni à la tentation de la violence ni à celle du renoncement. Le parti a fait le choix de la responsabilité en participant aux différentes consultations électorales, malgré les insuffisances qu’il dénonce, convaincu que le boycott aurait aggravé la crise politique. À l’orée de l’année 2026, le président du PDCI-RDA prévient toutefois que son parti poursuivra, par des moyens pacifiques et démocratiques, le combat pour des élections inclusives, transparentes et respectueuses de la loi.
À travers ce message, Tidjane Thiam pose ainsi un diagnostic sévère sur l’état de la démocratie ivoirienne et interpelle les autorités sur la nécessité de restaurer la confiance entre les citoyens et le processus électoral, condition essentielle, selon lui, pour préserver la stabilité et l’avenir démocratique de la Côte d’Ivoire.
Abran Saliho







