
Taekwondo ivoirien : 173 membres réclament la mise sous tutelle de la Fédération
Lemandatexpress – Le taekwondo ivoirien traverse une nouvelle zone de turbulences. Une crise ouverte secoue actuellement la Fédération ivoirienne de taekwondo (FITKD), à la suite de la contestation de la dernière Assemblée générale ordinaire (AGO), tenue le 28 décembre 2025, et dont les résolutions servent de base au processus devant conduire à l’Assemble générale d’octobre prochain.
Selon plusieurs membres statutaires, cette assemblée générale aurait été organisée en violation des textes régissant la fédération. Après la mise au point du commissaire aux comptes, Me Cham Boti Bi Irié, ce sont désormais 173 membres sur les 321 reconnus qui montent au créneau pour dénoncer de « graves manquements » imputés au comité directeur présidé par Me Jean-Marc Yacé (ceinture noire, 5e Dan).
Face aux médias , lundi 19 janvier, leur porte-parole, Me Jean-Marie Kouadjan (ceinture noire, 5e Dan Kukkiwon), ancien président de la ligue départementale de Grand-Bassam, a déclaré sans détour : « L’AGO du 28 décembre 2025 est nulle et de nul effet. La convocation n’a pas respecté les délais, le procès-verbal de la précédente AG n’a pas été transmis, le ministère des Sports était absent, tout comme les commissaires aux comptes, et certaines décisions ont été prises par acclamations. »
Autant d’irrégularités que ces membres considèrent comme contraires aux statuts et au règlement intérieur de la fédération.
Au-delà des questions de gouvernance, c’est surtout la gestion financière qui alimente la polémique. S’appuyant sur les rapports des commissaires aux comptes, les contestataires évoquent un montant de 242 millions de francs CFA correspondant à la période 2022-2024, dont l’utilisation n’aurait pas été justifiée. « Il y a eu des sorties d’importantes sommes sans motifs clairs. La situation est grave », a insisté Me Jean-Marie Kouadjan.
Face à ce qu’ils qualifient de dérives, les 173 membres demandent officiellement la suspension des activités de la FITKD et la mise sous tutelle de la fédération, avec la mise en place d’un comité provisoire de gestion, afin de restaurer la crédibilité de l’instance et préserver l’avenir du taekwondo ivoirien.
Cette crise relance ainsi le débat sur la gouvernance des fédérations sportives en Côte d’Ivoire, dans un contexte où les autorités sont de plus en plus interpellées sur la transparence et la bonne gestion des structures sportives.
Izou DIne







