
Crise interne au PDCI : Thiam éteint les procès et garde la main
Lemandatexpress – En Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam semble avoir définitivement refermé le chapitre des batailles judiciaires qui visaient sa légitimité à la tête du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).
Le 5 février dernier, alors que ses adversaires internes espéraient encore une décision de justice capable de fragiliser son leadership, les requérants ont finalement retiré leur plainte devant le tribunal d’Abidjan-Plateau. Une issue inattendue qui, selon Jeune Afrique, s’apparente à une victoire par forfait, mais surtout à un signal fort : toutes les velléités de contestation par la voie judiciaire ont été neutralisées.
En effet, cette procédure visait l’annulation du 9ᵉ congrès extraordinaire du parti et, par ricochet, la chute de Tidjane Thiam. Or, sans même que les avocats du PDCI aient eu à plaider, l’affaire a été étouffée en amont. Pour plusieurs cadres cités par Jeune Afrique, cette manœuvre traduit la capacité du président du parti à reprendre la main et à désamorcer, loin des projecteurs, une offensive qui se voulait décisive. Dès lors, le message est clair : sur le terrain judiciaire, le débat est clos.
Par ailleurs, cette séquence intervient dans un contexte de fortes tensions internes, notamment au sein du groupe parlementaire du PDCI, fragilisé par des frondes et des frustrations liées à des choix de gouvernance.
Toutefois, là encore, Tidjane Thiam a privilégié l’apaisement et la gestion politique plutôt que l’escalade.
Selon Jeune Afrique, des émissaires ont été dépêchés pour tenter de recoller les morceaux, pendant que des cadres et des doyens du parti s’activaient en coulisses afin de préserver l’unité et d’éviter une implosion du vieux parti.
Dans cette dynamique, les initiatives de médiation portées par des figures respectées du PDCI, à l’image de Djedri N’Goran ou du doyen Joseph Kouamé Kra, s’inscrivent dans une logique de consolidation plutôt que de remise en cause de l’autorité du président. Le projet de création d’un Comité de conciliation et de rapprochement interne, évoqué par Jeune Afrique, apparaît ainsi comme une soupape politique destinée à canaliser les frustrations tout en maintenant intacte la ligne de commandement.
Enfin, la question de l’absence prolongée de Tidjane Thiam du territoire ivoirien n’a pas entamé sa capacité à diriger le parti.
Installé à Paris depuis mars 2025, il continue de piloter les grandes orientations du PDCI à distance, une situation assumée et défendue par la direction du parti. Comme l’a rappelé le secrétaire exécutif en chef, Calice Yapo Yapo, toujours selon Jeune Afrique, l’histoire du PDCI est jalonnée de périodes où ses leaders ont dirigé depuis l’extérieur sans que le fonctionnement du parti n’en soit paralysé.
Ainsi, malgré les remous et les tensions, Tidjane Thiam sort renforcé de cette séquence. En éteignant toutes les procédures judiciaires dirigées contre lui et en privilégiant les mécanismes internes de dialogue, il consolide son autorité et impose l’idée que son leadership ne se jouera plus devant les tribunaux, mais sur le terrain politique.
Pour ses partisans, cette étape marque la fin d’une période d’instabilité juridique et l’ouverture d’un nouveau cycle, où le débat devra désormais se faire à visage découvert, au sein des instances du parti.
Abran Saliho avec Jeune Afrique







