
Mort d’un étudiant au Sénégal : la famille exige toute la lumière sur les circonstances
Lemandatexpress – Au Sénégal, l’étudiant Abdoulaye Ba est décédé le 10 février 2026 dans une grande université de Dakar, le jour d’une intervention des forces de sécurité. Qualifiée de « tragédie » par le ministre de l’Intérieur, cette mort suscite une vive émotion et une forte mobilisation. La famille du jeune homme réclame désormais la publication immédiate des résultats de l’autopsie afin de faire toute la lumière sur les circonstances du drame.
L’émotion reste vive sur les campus et au sein de l’opinion publique. Lors d’un point de presse tenu jeudi, la famille endeuillée a affirmé ne disposer d’aucune information officielle sur les causes exactes du décès d’Abdoulaye Ba, inhumé mercredi. « La famille souhaite que les autorités judiciaires nous éclairent pleinement sur les circonstances de sa mort », a déclaré son porte-parole, déplorant l’absence, à ce jour, de communication du rapport d’autopsie commandité par la justice.
Pourtant, les résultats de cette autopsie ont déjà fuité dans la presse, notamment dans le quotidien L’Observateur. Selon ces révélations, les conclusions confirment la version des camarades de la victime, qui dénoncent des actes de violence imputés aux forces de défense et de sécurité lors des événements survenus sur le campus.
Une crise universitaire persistante
Depuis octobre dernier, les universités sénégalaises sont secouées par des grèves cycliques. Les étudiants réclament le paiement de leurs rappels de bourses, un contentieux persistant avec les autorités. En décembre, un apaisement relatif avait été observé à la faveur de négociations, mais celles-ci n’ont pas abouti. Début février 2026, la reprise des manifestations a conduit le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD) à fermer les restaurants universitaires du campus social.
Cette décision a provoqué la colère de l’intersyndicale des travailleurs du COUD, qui dénonçait les « journées sans tickets », une forme de protestation étudiante consistant à consommer dans les restaurants universitaires sans payer les tickets subventionnés (50 FCFA pour le petit-déjeuner, 100 FCFA pour le déjeuner et le dîner). Selon l’intersyndicale, au-delà de dix jours de ce mouvement, les pertes pourraient dépasser un milliard de francs CFA, une situation jugée « inacceptable pour une institution au budget déjà déficitaire ».
Fermeture du campus après le drame
À la suite du décès d’Abdoulaye Ba, la direction du COUD a annoncé la « fermeture exceptionnelle du campus social à compter de ce mardi à 12 heures et jusqu’à nouvel ordre », invoquant des « raisons de sécurité ». Cette mesure vise à prévenir de nouveaux affrontements et à apaiser les tensions, dans un contexte particulièrement tendu.
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des scènes d’affrontements, de panique et de chaos, largement relayées et commentées. Autant d’images qui ravivent l’indignation et renforcent les appels à une enquête transparente et indépendante pour établir les responsabilités.
Martial Galé, avec diverses sources







