
Eurobond 2026 : Une sursouscription record pour la Côte d’Ivoire
Lemandatexpress – La Côte d’Ivoire confirme sa solidité sur les marchés financiers internationaux. Selon Jeune Afrique, le pays a réalisé, le 18 février, une nouvelle émission obligataire d’un montant de 1,3 milliard de dollars, assortie d’une maturité de 15 ans.
L’opération a suscité un fort engouement des investisseurs internationaux. Sur cinq fois sursouscrite, elle a enregistré un livre d’ordres culminant à 6,3 milliards de dollars, porté par près de 270 investisseurs. À l’issue de cette levée de fonds, le taux d’intérêt s’est établi à 5,39 %, soit le coût de financement le plus bas obtenu par la Côte d’Ivoire sur un eurobond et, plus largement, en Afrique subsaharienne depuis cinq ans.
Cette performance rappelle celle de février 2021, lorsque le pays avait mobilisé 850 millions d’euros à un taux de 4,3 %.
Vers le statut « investment grade »
Dans un communiqué, le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget s’est félicité d’une opération qui « acte le passage de la Côte d’Ivoire dans une catégorie de crédit supérieure », à la lumière des récentes améliorations de sa notation souveraine.
Le 12 décembre dernier, l’agence américaine Fitch Ratings a relevé la note du pays de BB- à BB, plaçant ainsi Abidjan aux portes du statut « investment grade ».
Selon Fitch, la Côte d’Ivoire affiche désormais le meilleur profil de crédit en Afrique subsaharienne, devant l’Afrique du Sud et la Namibie. À l’échelle continentale, seul le Maroc fait légèrement mieux avec une note BB+.
Une stratégie proactive de gestion de la dette
À l’instar du Bénin, qui a récemment levé 500 millions de dollars via une émission de sukuk à un coupon de 4,92 % en euros et 350 millions de dollars en eurobond à 6,19 %, la Côte d’Ivoire poursuit une stratégie proactive de gestion de sa dette. Les deux pays entretiennent un dialogue constant avec leurs investisseurs traditionnels tout en élargissant leur base vers de nouvelles zones, notamment en Asie et au Moyen-Orient.
Les fonds mobilisés serviront exclusivement au financement du budget 2026. Adoptée en fin d’année dernière, la loi de finances prévoit des dépenses de 17 350 milliards de F CFA (environ 26,5 milliards d’euros), en hausse de 13,1 % par rapport à 2025.
Ce budget marque le lancement du Plan national de développement 2026-2030, qui ambitionne de porter le revenu moyen par habitant à 4 000 dollars, contre 2 700 dollars en 2024, et de réduire le taux de pauvreté nationale à moins de 20 % d’ici 2030.
Abran Saliho avec Jeune Afrique







