
Crise mondiale du cacao : Depuis Paris, Bruno Koné dévoile les stratégies de la Côte d’Ivoire et rassure les producteurs
Lemandatexpress – Invité sur le plateau du Journal de l’Afrique en marge du Salon international de l’agriculture, où la Côte d’Ivoire est pays invité d’honneur, le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Koné, a abordé sans détour la crise qui secoue actuellement la filière cacao. Un secteur stratégique pour le pays, premier producteur mondial, aujourd’hui confronté au retournement brutal de la conjoncture internationale.
D’entrée, le ministre a tenu à clarifier : le cacao ivoirien trouve preneur. Le problème n’est pas national, mais mondial. Après deux campagnes exceptionnelles celles de 2024-2025 et 2025-2026 marquées par des prix historiquement élevés au profit des producteurs, le marché connaît un reflux. Ce retournement affecte mécaniquement la Côte d’Ivoire, poids lourd du secteur. « Il y a une crise mondiale. La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, donc il n’est pas normal que la Côte d’Ivoire soit impactée. Mais en même temps, nous sommes en train de trouver des solutions. », a reconnu Bruno Koné, tout en soulignant que le gouvernement a pris la mesure de la situation.
Au cœur de la stratégie gouvernementale se teouve la préservation du revenu des planteurs. Le ministre a insisté sur les « instructions fermes » données par le président Alassane Ouattara afin que les producteurs ne soient pas les principales victimes de la conjoncture.
En effet, depuis la réforme de la filière café-cacao, l’exécutif met en avant une amélioration continue des prix bord champ, avec des niveaux records atteints ces dernières années. Une dynamique que le gouvernement entend consolider, même dans un contexte moins favorable.
L’équation est délicate : maintenir l’équilibre financier du secteur tout en garantissant un revenu décent aux producteurs. Deux inconnues majeures que le ministère affirme gérer simultanément. « Nous traitons la question, mais nous faisons en sorte de la traiter en prenant en compte ces deux grosses inconnues qui sont dans notre équation, celles qui concernent l’équilibre du secteur et puis celles qui concernent le pouvoir d’achat et le revenu des producteurs», a-t-il fait savoir.
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, Bruno Koné affiche une ambition plus structurelle : rendre la filière plus solide face aux chocs internationaux. Des solutions sont envisagées à court, moyen et long terme, sans en détailler encore les mécanismes.
Cette volonté s’inscrit dans une logique plus large de souveraineté économique. La transformation locale du cacao déjà proche de 40 % constitue l’un des leviers stratégiques pour capter davantage de valeur ajoutée et réduire la vulnérabilité aux fluctuations des cours mondiaux.
Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire ne peut échapper aux cycles du marché international. Mais le gouvernement veut transformer cette crise en opportunité de réforme.
À Paris, vitrine internationale de l’agriculture, le message était clair : le cacao ivoirien reste compétitif, la filière tient bon, et l’État se veut garant de la stabilité des revenus paysans.
Reste désormais à traduire cette volonté politique en mesures concrètes capables d’amortir durablement les secousses du marché mondial.
Abran Saliho







