
Défaite du RHDP aux législatives à Toumodi: Pourquoi Amedé Kouakou ne doit pas être le bouc-émissaire
Lemandatexpress – Les résultats de l’élection des législatives partielles à Toumodi sont connus, depuis samedi dernier. Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a perdu. Il n’en fallait pas plus pour que des forces obscurantistes vouent aux gémonies le ministre Amedé Kouakou.
Selon les résultats de la Commission Électorale Indépendante (CEI), Hervé Alliali, le candidat du PDCI-RDA, a recueilli 7 182 voix, soit 56,11 % des suffrages exprimés, contre 5 423 voix (42,37 %) pour son principal adversaire. En l’occurrence la ministre Raymonde Goudou Coffie. Dans la foulée de la confirmation de ces résultats défavorables au parti au pouvoir, des voix sans doute manipulées s’élèvent pour accabler le ministre Amedé Kouakou d’être à la base de la défaite de l’ancienne ministre-gouverneure des Lacs.
Raisonnement et penser ainsi est tout simplement faire preuve de mauvaise foi et être habité par une vilaine rancœur. C’est nier l’évidence.
Certaines méchantes langues vont jusqu’à débiter leur venin en recommandant au ministre Amedé Kouakou de ne plus faire la politique dans le V Baoulé, en ne se cantonnant que dans le Lôh-Djiboua où il est l’actuel président du Conseil régional. Tout cela relève de l’hérésie.
La vérité étant toute autre. Amedé Kouakou n’est pas à la base de l’échec de Raymonde Goudou Coffie à Toumodi : au contraire, il a été l’un des soutiens majeurs au sein du RHDP. Amedé Kouakou, en tant que président de l’Association des Cadres du Centre pour le Développement (ACCD-RHDP), s’est fortement mobilisé pour la victoire du parti à Toumodi. Il a notamment participé activement aux meetings de clôture de campagne de Raymonde Goudou Coffie. Cela, en vue qu’elle l’emporte au soir du 21 février 2026.
Des semaines et jours avant le meeting de clôture, les deux personnalités ont multiplié les apparitions communes, que ce soit pour présenter leurs vœux aux populations ou pour gérer des crises locales, comme lors des affrontements à Kokumbo. Tous ceux qui pérorent, doivent faire preuve d’un minimum d’objectivité pour apprécier sainement la réalité politique à Toumodi.
Prendre le raccourci que le ministre Amedé est du village d’Abli où la ministre Goudou a été sévèrement battue, pour accabler le ministre, est faire preuve d’une cécité dans l’analyse. À toutes fins utiles, Abli est aussi le village maternel d’Hervé Alliali et du député Félix N’dakpli, par qui le scandale de la reprise des élections serait survenue.
Toumodi est une zone politique, anciennement PDCI, et qui est chargée d’une myriade d’histoires et de symboles.
Depuis 2019 que le ministre Amedé, à titre personnel puis dans le cadre de l’ACCD-RHDP, parcourt le Centre, les positions de l’opposition, surtout celles du PDCI-RDA, se réduisent comme une peau de chagrin. En témoigne d’ailleurs, ce résultat aux partielles.

En récoltant plus de 5000 voix dans un bastion originel du PDCI, RHDP, quoique défait, doit s’enorgueillir et entrevoir l’avenir sous le prisme de bons augures.
L’écart se resserre et les postes électifs à Toumodi sont à portée de mains. Il faut juste tirer les leçons sans aucune once vindicative et sans ressentiment.
Un aggiornamento politique s’impose
L’heure est plutôt à une analyse froide de la situation de la part du RHDP, parti au pouvoir. Suivant les résultats vers dans la zone, il serait intéressant de miser sur des solutions pragmatiques et courageuses.
La classe politique du RHDP doit être renouvelée, en jetant dans l’arène de nouvelles personnalités qui ont un lien fort avec les populations. Il se susurre même que la candidate Goudou a refusé d’aller au contact de certains villages faisant pourtant partie intégrante de la circonscription électorale.
La direction du parti doit également mener des actions directes à l’endroit des populations et électeurs pour asseoir et renforcer la confiance. Le déferlement massif de membres du gouvernement tout récemment à Toumodi a été perçu par les populations comme un forcing.
Là où il fallait tout simplement mobiliser les filles et fils cadres RHDP de Toumodi en leur donnant les moyens pour parler avec leurs parents en vue de les convaincre.
La direction du parti, qui a pris sans doute, la pleine mesure des réformes qui s’imposent à Toumodi, a l’impérieux devoir de faire de bons choix, dorénavant. Une nouvelle classe politique locale plus conquérante n’attend qu’à être responsabilisée pour relever tous les défis.







