
V Baoulé : Pour gagner, le RHDP doit changer de fusil d’épaule
Lemandatexpress – Au lendemain des législatives partielles qui ont vu une fois de plus le Rhdp plier l’échine à Toumodi, le temps n’est-il pas venu pour le parti houghouétiste de marquer un arrêt afin de se poser les bonnes questions et de rechercher les bonnes réponses afin de casser les digues qui empêchent la marche en avant du Rhdp dans la région du Grand centre ?
Le Rhdp ne devrait-il pas songer à changer de fusil d’épaule, de logiciel d’appréciation ou de révéler tout simplement sa stratégie de conquête d’un électorat qui continue de lui résister en dépit des investissements colossaux réalisés par le Président de la République pour améliorer les conditions de vie et d’épanouissement des populations de cette partie du territoire national ? À l’instar des autres régions du pays, pourquoi la vague orange n’arrive pas à franchir les digues du V baoulé ? Le parti au pouvoir a certes effectué des percées au cours de ces dernières années dans le Grand centre, mais force est de constater que ces performances demeurent encore isolées, timides, loin des attentes. Et pourtant, le Président Alassane Ouattara a ouvert des boulevards de possibilités, débrayé le chemin, à travers des actions concrètes de développement, pour établir une connexion de qualité excellente entre les populations et sa vision humaniste de gestion de l’État. Enfin comment comprendre que les choses marchent à Yamoussoukro, à Dimbokro, Attiégouakro, Kouassi-Kouassikro, dans l’Iffou, à Prikro, à Bouaké et non pas à Toumodi, Didiévi, Sakassou, Daoukro, Ouellé et consort ?
À l’échelle nationale, le Rhdp est devenu une force politique qui balaie tout sur son passage. L’on a été, à la faveur des dernières élections législatives, admiratif de la manière avec laquelle le Rhdp a réalisé des performances doublée XL dans l’Agnéby-Tiassa, dans La Mé, le Cavally, le Guémon. Mais dans le V Baoulé, le parti est resté sur sa faim. Pourquoi ? Quels sont les freins qui handicapent la progression du Rhdp ? Quelles sont les causes de ces contre-performances qui se répètent à chaque élection ? Est-ce un problème de choix des hommes ? De cohésion entre les élus et cadres, de stratégie de communication, du choix du narratif politique adapté à la localité, d’une mauvaise connaissance du terrain et des réalités, d’une mauvaise approche ou s’agit-il de problèmes de personnels, de leadership, de distance entre les cadres et les militants de base ?
Le hic dans cette situation, c’est l’absence d’initiatives visant, dans une démarche collective, à convoquer le débat pour réfléchir ensemble sur le problème. Identifier les causes, évaluer les forces et faiblesses du parti et élaborer une approche nouvelle, des stratégies cohérentes et adaptées à mettre en œuvre pour renverser la vapeur. L’argument qui consiste à dire que le Rhdp ne gagne pas à Toumodi ou Tiébissou parce que ce sont des localités bastion du Pdci est devenu obsolète, inopérant voire risible quand on voit ce qui se passe ailleurs, notamment à Yamoussoukro, Attiégouakro, Dimbokro ou Kouassi-Kouassikro. Ou encore dans la Mé, le Cavally ou l’Agnéby-Tiassa.
À Toumodi, pour ces partielles, le Rhdp a mis toutes ses forces dans la bataille. Le parti s’est montré très solidaire de sa candidate. Tous les Éléphants du Rhdp se sont mobilisés. Mais cela n’a semblé suffisant pour éviter une défaite encore plus marquée que lors du scrutin du 27 décembre. Cela appelle forcément des questions, des interrogations.
Car une victoire à une élection ne s’improvise pas le jour du scrutin. C’est une œuvre de longue haleine qui se prépare avec sérieux, minutie. À travers un commerce régulier et permanent avec les populations. Après une telle défaite, l’on doit éviter la fatalité de dire que c’est un accident de parcours. Il faut qu’on accepte de s’asseoir ensemble pour poser les vraies questions et prendre les bonnes résolutions pour l’avenir. Pour que ça change, il faut peut-être changer de fusil d’épaule. Dans la mesure où certains cadres arrivent à s’imposer dans cette même région du centre, et que d’autres l’emportent après avoir subi des revers électoraux, le temps est venu pour tous de se remettre en cause, avec courage et surtout lucidité.
Source: Le Matin







