
Diplomatie: Macky Sall dans la bataille pour le secrétariat général de l’ONU
Lemandatexpress – La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies est désormais officielle. Longtemps évoquée sans confirmation publique de l’intéressé, elle a été transmise à l’ONU par Évariste Ndayishimiye, président du Burundi et actuel président en exercice de l’Union africaine (UA).
Selon des informations rapportées par Jeune Afrique, une source officielle burundaise confirme que la lettre de candidature a été adressée à Annalena Baerbock, présidente de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, avec copie à Michael G. Waltz, président du Conseil de sécurité pour le mois de mars 2026. Le courrier aurait été envoyé depuis New York par Zéphyrin Maniratanga, représentant permanent du Burundi auprès des Nations unies. Les services d’Annalena Baerbock ont confirmé à Jeune Afrique avoir bien reçu le dossier.
Une démarche atypique au nom de l’UA
Particularité notable: cette candidature n’est pas portée par le Sénégal, pays d’origine de l’ancien chef de l’État, mais par le Burundi. D’après une source proche de Macky Sall citée par Jeune Afrique, cette initiative s’inscrirait dans un consensus au sein de l’UA. En sa qualité de président en exercice de l’organisation continentale depuis le 14 février, Évariste Ndayishimiye aurait ainsi endossé cette candidature au nom de son pays.
Pourtant, lors du 39ᵉ sommet ordinaire de l’Union africaine à Addis-Abeba, mi-février, aucune motion officielle n’avait été adoptée malgré des discussions en coulisses autour d’une éventuelle candidature de Macky Sall. Plusieurs États parmi lesquels le Congo, la Gambie, l’Angola, la RDC ou encore les Comores avaient été évoqués comme possibles soutiens.
Sur le plan diplomatique, les chances d’un candidat africain semblent limitées. « Une candidature africaine a peu de chances de passer. Le principe de rotation n’est pas favorable à l’Afrique et le consensus porte désormais sur un candidat sud-américain, si possible une femme », confie à Jeune Afrique le ministre des Affaires étrangères d’un pays d’Afrique centrale.
Deux personnalités répondent déjà à ce profil. Il s’agit de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, soutenue par le Chili, le Brésil et le Mexique, ainsi que du diplomate argentin Rafael Mariano Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis décembre 2019, dont la candidature est présentée par l’Argentine.
Fait inédit, Dakar ne porte pas la candidature de son ancien président. Les relations entre l’actuel pouvoir sénégalais, incarné par le tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko, et Macky Sall sont particulièrement tendues.
Elles restent marquées par le dossier dit de « la dette cachée » et par les vagues de répression ayant visé des responsables et militants du parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité). Entre 2021 et 2023, ces tensions ont conduit à la mort de 65 manifestants.
Par ailleurs, pour succéder au secrétaire général sortant, le Portugais António Guterres, à l’issue de son second mandat fin 2026, Macky Sall devra franchir plusieurs étapes décisives. Sa candidature devra d’abord être approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies, à la majorité qualifiée de neuf voix sur quinze, sans qu’aucun des cinq membres permanents n’exerce son droit de veto. L’Assemblée générale devra ensuite entériner cette désignation, généralement par acclamation.
Il faut souligner que la date limite de dépôt officiel des candidatures est fixée au 1er avril 2026.
Abran Saliho avec Jeune Afrique







