
Sécurité routière: L’opération « Tolérance zéro sur nos routes » se durcit contre les infractions
Une vaste opération de répression des infractions au code de la route a été menée le jeudi 5 mars 2026 dans plusieurs communes d’Abidjan. Baptisée « Épervier sur nos routes – Tolérance zéro », cette action mobilise conjointement la police et la gendarmerie afin de renforcer la sécurité routière et réduire les accidents.

Selon le préfet de police d’Abidjan, le contrôleur général de police Yéo Kollo Roger, le premier bilan établi à 10 heures fait état de 883 véhicules contrôlés, dont 256 immobilisés et placés en fourrière. Concernant les engins à deux et trois roues, 800 ont été contrôlés et 82 envoyés en fourrière. « Les opérations se poursuivent de jour comme de nuit avec des agents concentrés, disciplinés et courtois », a-t-il indiqué, tout en appelant les usagers à se conformer à la réglementation.

Parmi les infractions les plus fréquentes relevées lors des contrôles figurent le défaut de permis de conduire pour les conducteurs de deux-roues et l’absence d’attestation d’assurance. Les autorités ont également ciblé les plaques d’immatriculation non conformes ou fantaisistes, considérées comme un enjeu important de sécurité nationale. Au total, 3 500 agents de police et de gendarmerie sont mobilisés sur l’ensemble du territoire national dans le cadre de cette opération. Le préfet de police d’Abidjan, Yéo Kollo, a rappelé l’urgence de renforcer les contrôles face au nombre croissant d’accidents.

« Depuis le début de l’année jusqu’à la mi-février, nous avons enregistré 164 morts sur nos routes. Nos routes ne doivent pas être des lieux de rencontre avec la mort », a-t-il déclaré. Le directeur général des transports terrestres, Oumar Sako, a expliqué que cette opération intervient dans un contexte de recrudescence des accidents mortels de la circulation. « Depuis quelques semaines, le ministère des Transports a lancé une vaste campagne de sensibilisation, mais aussi de répression, avec désormais davantage de répression », a-t-il indiqué. Selon lui, la stratégie nationale de sécurité routière reposait initialement sur 80 % de sensibilisation et 20 % de répression.

Mais face à la situation actuelle, la tendance a été inversée, avec une priorité accordée aux sanctions. Les autorités ont également mis l’accent sur les engins à deux et trois roues, qui représentent entre 33 % et 40 % des victimes d’accidents de la route. Dans les jours à venir, les contrôles seront particulièrement renforcés sur les véhicules de transport, notamment les taxis, autocars et minibus (Gbaka).
« Tout le monde est concerné. Que vous soyez conducteur de taxi, d’autocar ou d’engin à deux roues, chacun doit se conformer à la réglementation », a insisté le directeur général. L’opération inclut également la vidéo-verbalisation et la verbalisation mobile, destinées à renforcer l’efficacité du contrôle routier.

La délégation officielle a effectué des visites de terrain dans plusieurs zones stratégiques de la capitale économique, notamment à Cocody, Carrefour La Vie, Monument des Martyrs à Adjamé, Hôpital Drogba à Attécoubé et le Rond‑point Anani à Port-Bouet. Les autorités préviennent que les contrôles routiers seront désormais permanents, au-delà de cette opération spéciale, afin d’assurer durablement la sécurité des usagers et de réduire les accidents sur les routes ivoiriennes.
HILAIRE GUEBY







