
Guerre au Moyen-Orient : l’île de Kharg, le talon d’Achille pétrolier de l’Iran qui peut faire flamber le prix du baril
Lemandatexpress – Dans la guerre ouverte qui oppose l’Iran aux forces israélo-américaines, une petite île du golfe Persique attire l’attention des analystes militaires et énergétiques : l’île de Kharg. Située à environ 20 kilomètres des côtes iraniennes et couvrant à peine 25 km², cette île constitue la principale plateforme d’exportation du pétrole iranien et représente un enjeu majeur dans l’équilibre énergétique mondial.
Comme l’expliquent plusieurs analyses relayées par BFM TV, l’île de Kharg est la véritable colonne vertébrale du système pétrolier iranien. Environ 90 % des exportations de pétrole brut de l’Iran transitent par ce terminal, où le brut est stocké dans d’immenses réservoirs avant d’être chargé sur des superpétroliers à destination des marchés internationaux, principalement la Chine.
Le pétrole arrive sur l’île grâce à un réseau d’oléoducs reliant les grands champs pétroliers du sud du pays, selon Algérie DZ. Les installations comprennent des quais capables d’accueillir plusieurs supertankers, des capacités de stockage massives et des infrastructures logistiques cruciales pour l’économie iranienne.
Selon un ancien rapport de la CIA datant de la guerre Iran-Irak (1980-1988), les infrastructures pétrolières de Kharg sont « vitales pour le système pétrolier et l’économie de l’Iran », car elles concentrent l’essentiel des revenus extérieurs du pays.
Une cible évidente… mais encore épargnée
Malgré les frappes israéliennes et américaines qui ont visé certaines installations énergétiques iraniennes ces derniers jours, l’île de Kharg n’a pour l’instant pas été touchée. Les bombardements ont notamment ciblé des dépôts de carburant ou des infrastructures liées à l’approvisionnement intérieur, mais pas ce terminal pétrolier stratégique.
Plusieurs raisons expliquent cette retenue, écrit CENEWS, selon lequel, frapper Kharg paralyserait l’économie iranienne, puisque le pays dépend fortement des revenus pétroliers pour financer son budget et contourner les sanctions internationales.
Mais un tel choix pourrait aussi provoquer une escalade majeure dans le conflit. L’Iran pourrait riposter contre les installations pétrolières des pays voisins du Golfe ou menacer la navigation dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial.
Un risque de choc pétrolier mondial
L’impact économique d’une attaque contre Kharg pourrait être considérable. Selon une analyse du centre de réflexion américain CSIS, citée par BFM, un blocus ou une destruction des installations de l’île pourrait faire grimper le prix du baril d’au moins 12 dollars.
Une telle perturbation pourrait affecter environ 1,6 million de barils par jour d’exportations iraniennes, dont la quasi-totalité est destinée à la Chine, principal acheteur du brut iranien malgré les sanctions occidentales.
Dans un contexte géopolitique déjà très tendu, une flambée des prix du pétrole pourrait déstabiliser les marchés énergétiques mondiaux et accentuer les tensions entre les grandes puissances.
Un enjeu géopolitique majeur
Ainsi, l’île de Kharg représente aujourd’hui un paradoxe stratégique : c’est la principale vulnérabilité économique mais aussi une cible trop sensible pour être attaquée sans conséquences globales.
Pour l’instant, Washington et ses alliés semblent donc privilégier une stratégie visant les infrastructures secondaires plutôt que ce terminal vital. Mais dans un conflit qui continue de s’intensifier au Moyen-Orient, le sort de cette petite île pétrolière pourrait devenir l’un des éléments déterminants de l’évolution de la guerre – et de l’équilibre énergétique mondial.
M. Galé, avec diverses sources







