
Droits des femmes : Clarisse Tamini appelle à une émancipation réelle de la femme africaine
Lemandatexpress – Leader d’opinion et présidente des Femmes RHDP du département de Toumodi, Clarisse Tamini a profité de la célébration du 8 mars pour appeler à une véritable transformation des conditions de vie des femmes africaines. Selon elle, l’éducation, l’autonomie financière et la lutte contre les violences constituent les piliers d’une émancipation durable.
TAMINI Clarisse Présidente des Femmes RHDP du Département de Toumodi et Leader d’Opinion a jeté un regard sur la journee Internationale des droits de la Femme, et a indiqué ce qu’elle pense des droits élémentaires de la femme africaine pour qui elle a fait une proposition quant à son emancipation réelle.Tamini Clarisse a eu un mot pour ses soeurs africaines et a lancé un appel aux autorités.
” Je suis fière d’être fille de Toumodi, une ville qui a toujours su honorer et élever ses femmes, et qui a vu éclore d’illustres personnalités féminines. “
” Je suis TAMINI Clarisse, présidente des Femmes RHDP du département de Toumodi, dans la région du Bélier. Je suis également leader d’opinion dans ma communauté, engagée depuis de nombreuses années pour la promotion de la femme, la défense de ses droits et son autonomisation. J’ai fondé et présidé l’association Talouaba, dédiée à l’amélioration des conditions de vie des femmes de notre département. Je suis fière d’être fille de Toumodi, une ville qui a toujours su honorer et élever ses femmes, et qui a vu éclore d’illustres personnalités féminines. Je me bats chaque jour pour que chaque femme de mon département, et au-delà, puisse vivre dans la dignité, la liberté et l’égalité. “
” Il faut dire que le 8 mars est une journée que je vis avec une intensité particulière, chaque année. Ce n’est pas une fête de plus. C’est un temps d’arrêt nécessaire pour mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à faire. C’est le jour où le monde entier tourne les yeux vers la femme. En Côte d’Ivoire, nous avons des raisons légitimes d’être fières. Notre pays a accompli des avancées législatives que beaucoup de pays nous envient : le Code civil reconnaît désormais à la femme le droit d’être cheffe de famille, le Code pénal sanctionne les violences faites aux femmes, et le droit au travail ainsi que l’accès aux fonctions politiques sont garantis. Mais une loi ne suffit pas si elle ne transforme pas les mentalités. Le 8 mars doit donc être, pour chacune d’entre nous, un renouvellement d’engagement. “
A la question de savoir si la femme africaine jouit de ses droits élémentaires, voici ce que Tamini Clarisse a dit:
” Sincèrement, je pense que non, du moins, pas encore. Pas partout. Dans de nombreux pays africains, des femmes sont encore victimes de mariages forcés, de mutilations génitales, d’exclusion, voire d’interdiction de travailler. Une femme battue dans son foyer ne court pas toujours au commissariat, parce que la société lui a appris à se taire. Une femme brillante ne postule pas toujours au poste qu’elle mérite, parce qu’on lui a fait croire qu’on ne l’y attend pas.
Je tiens cependant à souligner que Toumodi est un exemple à part. Notre ville a toujours mis la femme à l’honneur. Ma défunte mère a été reine mère du département de Toumodi, élue par ses pairs — des chefs pour la plupart hommes — ce qui témoigne d’une reconnaissance. Elle a également été la première sénatrice de la région du Bélier. D’illustres filles de Toumodi ont été ministres, maires, directrices ou cheffes d’entreprise. Cet héritage nous oblige et nous inspire. Je saisis aussi cette occasion pour saluer et féliciter le Président Alassane Ouattara pour sa politique volontariste et courageuse de promotion du genre féminin en Côte d’Ivoire. “
Tamini Clarisse a fait la proposition suivante:
” L’émancipation réelle passe, selon moi, par quatre piliers essentiels.
D’abord, l’éducation. Une femme éduquée est une femme libre.
Ensuite, l’indépendance économique. Une femme qui dispose d’un revenu propre est une femme qui peut dire non. Les programmes de microcrédit, de formation professionnelle et d’accès aux marchés doivent être renforcés et mieux ciblés.
Troisièmement, la lutte sans relâche contre les violences. Les violences basées sur le genre, les féminicides, les violences conjugales doivent être dénoncés, poursuivis et sanctionnés avec la plus grande fermeté.
Enfin, la représentation politique. Quand les femmes sont aux tables de décision, les politiques publiques changent en profondeur. “
La leader d’opinion a eu un mot a l’endroit de ses soeurs africaines:
” Mes chères sœurs, je vous dis ceci avec tout l’amour et la conviction qui m’habitent : vous êtes la colonne vertébrale de l’Afrique. Vous nourrissez, vous éduquez, vous soignez, vous construisez. Affirmez-vous. Osez prendre la parole. Osez occuper l’espace qui vous revient de droit.
Et à celles qui souffrent en silence: brisez ce silence. La honte ne vous appartient pas — elle appartient à ceux qui vous font du mal. Parlez. Dénoncez. Ensemble, nous pouvons changer nos destins et ceux de nos enfants.”
Pour finir, Tamini Clarisse a lancé un appel aux autorités:
” Aux autorités de notre pays et du continent, je lance un appel solennel en ce jour du 8 mars : Les femmes attendent des actes concrets et durables.
Je leur demande, premièrement, de renforcer et continuer d’appliquer les lois protégeant les femmes contre toutes formes de violences. Deuxièmement, d’investir massivement dans l’éducation des filles, en particulier en zone rurale. Et troisièmement, de créer des mécanismes financiers véritablement accessibles pour soutenir les femmes entrepreneures.
En Côte d’Ivoire, le Président Alassane Ouattara a posé des actes concrets et courageux — . Car la promotion de la femme n’est pas une faveur qu’on lui accorde : c’est une condition indispensable au développement de nos nations.”
Joyeuse Journée du 8 mars à toutes les femmes d’Afrique et du monde entier. “







