
Guerre au Moyen-Orient / Le porte-parole de l’armée israélienne apporte des éclaircissements: «Nous ne sommes, en aucun cas en guerre avec le peuple d’Iran»
Lemandatexpress – Plus de dix jours après le déclenchement des hostilités entre Israël, appuyé par les États-Unis, et la République islamique d’Iran, les autorités israéliennes multiplient les explications pour justifier leur opération militaire. Face aux médias africains, l’armée israélienne a insisté sur un point central : la guerre ne viserait pas le peuple iranien, mais les capacités militaires et nucléaires du régime de Téhéran.
Lors d’une conférence de presse en ligne organisée mardi 10 mars 2026 à l’initiative des ambassadeurs d’Israël en Côte d’Ivoire et au Sénégal, Simoni Seroussi et Yuval Waks, le colonel Olivier Rafowicz, porte-parole de l’armée israélienne (Tsahal), s’est exprimé en français devant plusieurs journalistes africains.
L’officier supérieur a expliqué que l’offensive lancée le 28 février dernier s’inscrit, selon Israël, dans un cadre de légitime défense face à ce que Tel-Aviv considère comme une menace existentielle.
Selon lui, la perspective de voir l’Iran se doter d’armes nucléaires et de missiles balistiques représente un danger majeur pour Israël et au-delà.
« On ne veut pas mourir, on veut vivre comme tous les autres peuples à travers le monde. Chacun a le droit de vivre et donc de ne pas se sentir menacé. Mais depuis que la République islamique est arrivée, nous sommes, sans cesse, menacés d’extinction par le régime. Les laisser avoir l’arme nucléaire ou des missiles avec bombe atomique de moyenne et longue portée serait accepter de mourir. Voici pourquoi on ne pouvait pas attendre quand on a su que l’Iran poursuivait son programme nucléaire. Il constituait une menace pour nous, pour les voisins et pour le monde », a soutenu le colonel Olivier Rafowicz.
Trois objectifs militaires affichés
Selon le porte-parole de Tsahal, l’opération militaire poursuit trois objectifs principaux.
Le premier consiste à « procéder à la destruction totale du potentiel armement nucléaire de l’Iran » en identifiant et frappant les sites liés à la production et au traitement de l’uranium enrichi.
Le deuxième objectif vise la réduction, voire la cessation du « programme d’acquisition de missiles balistiques moyen et longue portée » de l’Iran. Sur ce point, le colonel Rafowicz affirme que plus de « 70 % » des cibles identifiées auraient déjà été neutralisées.
Enfin, la troisième mission concerne la destruction des infrastructures militaires souterraines utilisées par l’armée iranienne et ses alliés. Selon lui, la quasi-totalité des installations détectées par Israël aurait été frappée.
L’armée israélienne se dit déterminée à poursuivre l’opération jusqu’à ce que la menace soit totalement écartée. « Nous sommes prêts à toutes éventualités. On ne laissera plus l’Iran être une menace pour nous, pour nos populations. Nous sommes un pays qui veut vivre en paix. Nous sommes un pays qui veut la paix mais, pour avoir la paix comme le disait un penseur, il faut faire la guerre », a affirmé le porte-parole de Tsahal.
Israël insiste : la guerre ne vise pas le peuple iranien
Malgré l’intensité des combats, l’armée israélienne insiste sur le fait que cette guerre ne serait pas dirigée contre la population iranienne.
« Nous ne sommes, en aucun cas en guerre avec le peuple d’Iran. Au contraire, nous considérons que c’est un peuple qui est martyrisé, qui souffre, qui est bâillonné, qui a perdu sa liberté d’expression. Cette opération, pourra, j’en suis sûr, aboutir à sa libération et ce sera à lui seul, en tant que peuple souverain de décider qui seront ses dirigeants », a déclaré le colonel Olivier Rafowicz.
Interrogé sur la durée possible du conflit, le porte-parole israélien a indiqué qu’aucun calendrier précis n’était fixé pour la fin des opérations.
« On ne peut pas laisser les choses en l’état. L’Iran est presque aveugle mais il faut continuer car leur capacité nucléaire est une menace pour le monde, pour Israël. Il n’y a pas de timing dans cette guerre, elle durera le temps qu’il faudra », a-t-il soutenu.
Selon lui, l’issue du conflit dépendra de la décision des autorités iraniennes d’abandonner leur programme nucléaire et leurs capacités militaires.
Au cours de la conférence, le colonel Rafowicz est également revenu sur la frappe qui a touché une école en Iran, causant des victimes civiles, notamment des jeunes filles.
Selon lui, les premières investigations indiqueraient que les missiles ayant frappé l’établissement seraient d’origine américaine.
« C’est une tragédie horrible, c’est une tragédie de la guerre. Et le peuple en paie malheureusement le prix fort. On continue les investigations sur cette frappe », a-t-il déclaré.
Abran Saliho







