
Focus’portrait : Assahoré Konan Jacques, la force tranquille de l’État au service du Gbêkê
Lemandatexpress – De la rigueur des finances publiques aux défis environnementaux, Assahoré Konan Jacques incarne une génération de dirigeants bâtisseurs, discrets mais efficaces. Ministre des Eaux et Forêts depuis le 25 janvier, figure majeure du RHDP dans le Gbêkê, il avance avec méthode, entre technocratie assumée et ancrage politique, traçant une trajectoire fondée sur la constance, l’écoute et l’action.
Son nom rime avec rigueur administrative et vision managériale inspirante. Né le 8 juillet 1961, l’actuel ministre des Eaux et Forêts s’est d’abord imposé dans un univers où l’improvisation n’a pas sa place : celui des finances publiques. Diplômé du cycle supérieur de l’École nationale d’administration (ENA), après une maîtrise de droit à l’université de Cocody, il gravit patiemment les échelons du Trésor public, des fonctions techniques aux plus hautes responsabilités notamment celles de Directeur général de 2016 à 2023.
Sous son leadership, le Trésor public se modernise et gagne en efficacité
À ce poste stratégique, il pilote des dossiers sensibles liés à la trésorerie de l’État, à la gestion de la dette publique et aux relations financières extérieures de la Côte d’Ivoire. Sous son leadership, le Trésor public se modernise et gagne en efficacité, obtenant notamment en 2019 la certification ISO 9001 version 2015 sur l’ensemble de ses services.
Mais derrière le gestionnaire rigoureux se cache aussi un manager attentif à l’humain. « Toute politique managériale qui se déroule sans suffisamment tenir compte de l’aspect social va connaître des pesanteurs qui sont souvent les causes de son échec », aime-t-il rappeler. Une philosophie qui résume bien sa méthode : écouter, associer et agir.
Dans ses prises de parole, le ton reste mesuré. Pas d’effets de manche ni de déclarations tapageuses. Ceux qui le côtoient décrivent un homme méthodique, minutieux dans la préparation des dossiers et capable de trancher avec calme. « Il parle peu, mais il agit », glissent souvent ses proches.
Plusieurs fonctions importantes au sein d’instances nationales et régionales

Son passage au ministère de l’Environnement, puis sa nomination à la tête du ministère des Eaux et Forêts le 25 janvier dernier, s’inscrivent dans cette logique de continuité. Face aux défis liés à la déforestation, à la pression sur les ressources naturelles ou encore à la transition écologique, Assahoré Konan Jacques avance avec prudence, mais sans immobilisme. Il tente de concilier impératifs économiques et protection de l’environnement, dans un contexte où les enjeux deviennent chaque jour plus stratégiques.
Au fil des années, il a également occupé plusieurs fonctions importantes au sein d’instances nationales et régionales. Membre de la Commission bancaire de l’UMOA, représentant de l’État au CREPMF, administrateur de grandes institutions financières comme NSIA Banque, la SIB, la BHCI ou encore la BFA, il a aussi représenté la Côte d’Ivoire à la BRVM/DC-BR et présidé la Commission Finances du COCAN en 2017.
Par ailleurs, son parcours s’est enrichi de formations de haut niveau, notamment à HEC Paris et à l’AFNOR, avec des spécialisations portant sur les marchés financiers, la qualité du service public, la notation financière et la gestion axée sur les résultats.
Homme politique profondément enraciné dans le Gbêkê
Mais réduire Assahoré Konan Jacques à un simple technocrate serait passer à côté d’une autre dimension de son personnage : celle de l’homme politique profondément enraciné dans le Gbêkê.

Coordinateur régional du RHDP, président du Conseil régional et député réélu de Diabo-Languibonou, il construit patiemment son influence sur le terrain. Sa méthode repose sur la proximité, l’écoute et le rassemblement. « Faire de la politique, c’est penser au bien-être de sa population », répète-t-il régulièrement.
Dans cette région cosmopolite du centre du pays, il apparaît comme un trait d’union entre les différentes communautés. Accessible, affable et généreux selon ses proches, il a su gagner la confiance aussi bien des populations autochtones que des allogènes.
La constance des actions concrètes
Loin des démonstrations spectaculaires, le leader Gblo préfère la constance des actions concrètes, notamment en faveur des femmes et des jeunes dont il soutient les initiatives d’autonomisation. Les journées culturelles « Racines vivantes », qu’il a initiées en 2026, illustrent cette volonté de réconcilier modernité et traditions, développement et identité culturelle.

« Il a une personnalité forte, au regard de son parcours académique et professionnel très inspirant, mais c’est un intellectuel profondément ancré dans la tradition et respectueux de nos us et coutumes », confie une tête couronnée de la région. « Il est avec nous et nous sommes avec lui.»
Silhouette discrète, regard posé, Assahoré Konan Jacques appartient à cette catégorie d’hommes d’État qui construisent dans la durée, loin du bruit mais au cœur des décisions.
Marié et père de six enfants, amateur de football, il cultive une image de stabilité et de sobriété qui renforce son positionnement d’homme de structure, dans un univers politique souvent dominé par la vitesse et la communication permanente.
Martial Galé







