
Déguerpissements à Abidjan : La CAPH-CI appelle à une protection renforcée des personnes handicapées
Lemandatexpress – La Coordination des Associations de Personnes Handicapées de Côte d’Ivoire (CAPH-CI) exprime sa vive préoccupation face aux conséquences des opérations de déguerpissement en cours dans plusieurs communes du District autonome d’Abidjan. L’organisation appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les personnes handicapées, particulièrement exposées aux risques sociaux et humanitaires.
Dans une déclaration publiée le 17 juin 2026, la CAPH-CI reconnaît les efforts engagés par l’État de Côte d’Ivoire pour améliorer l’aménagement urbain, sécuriser les populations et lutter contre les occupations irrégulières de sites à risque.
Toutefois, elle estime que les opérations de déguerpissement ont des répercussions particulièrement lourdes pour les personnes en situation de handicap.
Selon l’organisation faîtière représentant les personnes handicapées sur l’ensemble du territoire national, ces opérations entraînent notamment la perte de logements adaptés, la destruction ou la disparition d’équipements d’assistance essentiels à l’autonomie, ainsi que des difficultés accrues d’accès aux soins, à la rééducation et aux services sociaux.
La CAPH-CI souligne également que les personnes handicapées déguerpies sont davantage exposées à la précarité économique, aux risques sanitaires et à l’exclusion sociale. Elle rappelle que la Côte d’Ivoire est signataire de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, laquelle garantit notamment leur protection dans les situations de risque et d’urgence humanitaire.
Face à cette situation, l’organisation formule plusieurs recommandations à l’endroit du gouvernement, du District autonome d’Abidjan et des collectivités territoriales concernées. Elle demande notamment l’identification systématique des personnes handicapées affectées, la mise en œuvre de mesures spéciales de protection, l’accès à des solutions de relogement adaptées ainsi qu’une assistance humanitaire prioritaire.
La coordination plaide également pour l’implication effective des organisations représentatives des personnes handicapées dans les mécanismes d’évaluation, d’assistance et de relogement afin de garantir une réponse inclusive et respectueuse des droits humains.
« Aucune personne handicapée ne doit être laissée pour compte dans les programmes de compensation, d’assistance ou de réinstallation », insiste la CAPH-CI, qui appelle à une intégration systématique de la question du handicap dans toutes les réponses d’urgence liées aux déguerpissements.
Tout en saluant les préoccupations exprimées par les institutions de défense des droits humains concernant les conséquences sociales et humanitaires des opérations en cours, la CAPH-CI réaffirme sa disponibilité à collaborer avec les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile.
L’organisation souhaite que la protection des personnes handicapées affectées par les déguerpissements devienne une priorité nationale, conformément aux engagements de la Côte d’Ivoire en matière de droits humains et d’inclusion.
Pour la CAPH-CI, « une société inclusive se construit en protégeant d’abord les plus vulnérables », rappelant qu’aucune opération de développement ne devrait laisser les personnes handicapées de côté.
Abran Saliho






