Politique : Pour Koné Katinan, la CPI a été « partie intégrante du complot » contre Laurent Gbagbo
Lemandatexpress – Plusieurs années après l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo par la Cour Pénale Internationale (CPI), ses proches continuent de dénoncer les coulisses de son transfert à la Haye. Justin Koné Katinan, cadre du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), réaffirme que la juridiction internationale n’a pas agi de manière indépendante, mais s’est muée en un outil politique au service d’un plan orchestré pour écarter l’ex-président ivoirien.
Le débat sur la gestion de la crise post-électorale de 2010-2011 reste à vif en Côte d’Ivoire. Pour le camp de l’ancien chef de l’État, le procès fleuve qui s’est tenu aux Pays-Bas n’était pas une simple procédure judiciaire, mais l’aboutissement d’une machination internationale. Justin Koné Katinan soutient ouvertement que la CPI a été une « partie intégrante du complot » visant à légitimer la chute de Laurent Gbagbo.
Au cœur des accusations de Koné Katinan se trouve le rôle de l’ancien procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo. Selon le collaborateur de Laurent Gbagbo, des contacts étroits et informels liaient le bureau du procureur, la diplomatie française et l’entourage d’Alassane Ouattara dès la fin de l’année 2010.
L’argument central repose sur la précocité de ces échanges, survenus bien avant que la Cour ne soit formellement et légalement saisie du dossier ivoirien. Pour les partisans de l’ancien président, cette coordination secrète visait un but précis : garantir le maintien en détention de Laurent Gbagbo au Nord de la Côte d’Ivoire, le temps de lui bâtir un dossier criminel sur mesure pour sceller son transfèrement à La Haye.
Au-delà de la chronologie des faits, les proches de Laurent Gbagbo dénoncent l’asymétrie totale des poursuites engagées par la Cour. Pendant une décennie, l’action du parquet s’est concentrée exclusivement sur les exactions attribuées aux forces fidèles au président sortant.
Cette focalisation unilatérale a largement alimenté le grief d’une « justice des vainqueurs ». Les violences de grande ampleur documentées par les ONG et imputées aux forces pro-Ouattara durant leur progression vers Abidjan n’ont pas suscité la même célérité judiciaire. Pour l’opposition, ce traitement à double vitesse démontre que la CPI a servi d’instrument d’épuration politique plutôt que de tribunal impartial.
Pour Justin Koné Katinan et le PPA-CI, l’issue même de la procédure à La Haye constitue le désaveu le plus cinglant de l’accusation. Malgré la présentation de 82 témoins et l’examen de milliers de documents par l’accusation, la CPI a prononcé l’acquittement définitif de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé.
Bien que Laurent Gbagbo soit rentré en Côte d’Ivoire et ait repris une place centrale dans le débat public, les cicatrices de cette période et la lecture de l’histoire de la crise post-électorale continuent de diviser profondément la classe politique ivoirienne.
Nicaise Boli







