
Élection à la présidence de la FIF : le reclassement de certains clubs suscite une vague d’indignation
Le processus électoral en vue de l’élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF), officiellement ouvert le jeudi 23 juillet, s’annonce plus mouvementé que prévu. Si les regards restent tournés vers les candidatures à la succession de Yacine Idriss Diallo, un autre sujet alimente déjà les débats : le reclassement de certains clubs au sein du collège électoral, suscite de vives contestations dans les rangs des membres actifs de la fédération.
Au siège de la FIF, l’effervescence habituellement observée lors des grands rendez-vous électoraux a laissé place à une atmosphère empreinte de prudence. Au deuxième jour du dépôt des candidatures, ce vendredi, aucun dossier n’avait encore été enregistré par la Commission électorale. Une situation qui n’a rien d’inquiétant en soi, les prétendants disposant jusqu’au 10 août pour satisfaire aux exigences du code électoral.
Les préoccupations se situent plutôt ailleurs. Elles portent sur la composition du collège électoral, chargé de désigner le futur président de la fédération. Celui-ci est composé de 89 membres répartis entre les clubs de Ligue 1 (16), ceux de Ligue 2 (28), les clubs de troisième division (40) et les cinq groupements d’intérêt.
C’est moins le nombre des électeurs que leur identité qui fait aujourd’hui débat. Le report de l’Assemblée générale élective, initialement prévue se tenir avant juin puis fixée au 12 septembre, a profondément modifié la configuration du collège électoral. Entre-temps, la nouvelle saison sportive aura débuté, entraînant un reclassement automatique de plusieurs clubs en fonction de leur nouvelle division.
Conséquence : certains clubs des divisions régionales, qui n’auraient pas dû prendre part au scrutin selon l’ancien calendrier, intégreront finalement le collège électoral.
À l’inverse, des formations reléguées perdront leur qualité d’électeurs dans leur catégorie d’origine. L’OSA et le RCA, par exemple, voteront désormais en tant que clubs de Ligue 2 et non plus de Ligue 1.
Pour plusieurs dirigeants, cette nouvelle donne est loin d’être anodine. En privé, certains n’ont pas caché leur irritation, estimant que le report du scrutin a eu des effets directs sur l’équilibre du corps électoral. Dans plusieurs cercles du football ivoirien, des voix s’élèvent déjà pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme une situation de nature à influencer le résultat de l’élection, voire à favoriser le Comité exécutif sortant.
Pour l’heure, la Commission électorale attend sereinement de récevoir des candidatures. Mais derrière cette apparente accalmie se profile un contentieux potentiellement explosif. Le débat sur le reclassement des clubs, loin d’être clos, pourrait rapidement s’imposer comme le principal point de tension d’un scrutin que Yacine Idriss Diallo lui-même avait qualifié, avec une pointe d’ironie, de « gnaga national ».
Si aucune entente ne vient apaiser les inquiétudes, cette controverse pourrait peser lourdement sur la sérénité et la crédibilité du processus électoral.
Martial Galé







