4e Pont d’Abidjan et le PAR associés : L’Ageroute explique une expérience réussie au Président gabonais Brice Oligui N’Guema
En marge des festivités marquant le 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le Président de la Transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a effectué, jeudi 6 août, une visite du 4ᵉ Pont d’Abidjan et du site de relogement de Songon Ayewahi. Une étape importante de son séjour, qui s’inscrit sans doute dans la perspective de s’inspirer d’une expérience ivoirienne reconnue en matière de gestion des impacts sociaux des grands projets d’infrastructures.
Accompagné du ministre ivoirien du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba, ainsi que de plusieurs responsables techniques, le chef de l’État gabonais a suivi une présentation détaillée du Directeur général de l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE), Fabrice Coulibaly, sur la conception, la réalisation et surtout le Plan d’action et de réinstallation (PAR) mis en œuvre dans le cadre de la construction du 4ᵉ Pont d’Abidjan.
Un ouvrage stratégique pour fluidifier la circulation
Mis en service en 2024, le 4ᵉ Pont d’Abidjan constitue un maillon essentiel du réseau routier de la capitale économique ivoirienne. Reliant les communes du Plateau, d’Adjamé, d’Attécoubé et de Yopougon, il a été conçu pour désengorger l’autoroute du Nord, longtemps unique accès vers Yopougon.

Selon Fabrice Coulibaly, avant la réalisation de l’ouvrage, près de 40 000 véhicules empruntaient quotidiennement cet axe, provoquant d’importants embouteillages, aggravés en cas d’accident. La construction de ce nouveau pont répond ainsi à un impératif de mobilité urbaine et d’amélioration des conditions de circulation.
Un Plan d’action de réinstallation au cœur du projet
Au-delà de sa dimension technique, le projet s’est distingué par la mise en œuvre d’un ambitieux Plan d’action et de réinstallation destiné à accompagner les populations affectées.
Les études préalables ont permis d’identifier les différentes catégories de personnes ~impactées~ : propriétaires résidents, propriétaires non résidents, locataires et exploitants d’activités commerciales. À partir de cette identification, un processus de négociation a été engagé, offrant aux propriétaires le choix entre une indemnisation financière ou un relogement dans des logements construits par l’État.
Les locataires, quant à eux, ont bénéficié d’une indemnité destinée à couvrir plusieurs mois de loyer ainsi que la caution nécessaire à leur réinstallation. Pour les propriétaires ayant opté pour un relogement, l’État a également pris en charge les loyers transitoires pendant deux à trois ans, le temps d’achever la construction des nouveaux logements.

En cas de désaccord sur les montants proposés, une procédure de contre-expertise était prévue, avec possibilité de recours devant la justice afin de garantir la transparence du processus.
Plus de 35 milliards de FCFA d’indemnisation
Le Directeur général d’AGEROUTE, Fabrice Coulibaly a indiqué que près de 35 milliards de FCFA avaient déjà été consacrés aux indemnisations, sur une enveloppe prévisionnelle d’environ 36 milliards de FCFA. À cela s’ajoutent près de 14 milliards de FCFA investis dans la construction des sites de relogement, incluant les logements, les voiries, les réseaux d’eau potable, d’électricité ainsi que les différents équipements collectifs.
Il a également précisé que ces dépenses sociales sont entièrement financées par l’État de Côte d’Ivoire, tandis que les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque africaine de développement et la Banque mondiale, assurent le financement des infrastructures.
Au total, près de 20 000 ménages sont concernés par le projet. Environ 18 000 ont déjà été entièrement indemnisés, tandis que les dossiers restants concernent essentiellement des litiges, des modifications intervenues au cours du projet ou des situations nécessitant encore des décisions judiciaires.
Le projet a également permis la création de près de 800 emplois directs.

Songon Ayewahi, un nouveau cadre de vie pour les populations relogées
La délégation gabonaise s’est ensuite rendue à Songon Ayewahi, où les populations ayant choisi le relogement ont été installées dans un quartier entièrement aménagé par l’État.
Construit sur un terrain acquis dans le cadre du projet, le site comprend 400 logements.
Les habitations ont été conçues en tenant compte des anciennes conditions de vie des bénéficiaires, tout en leur offrant un environnement plus moderne, plus salubre et mieux équipé. Le quartier dispose de routes bitumées, de l’électricité, de l’eau potable ainsi que des différents réseaux et équipements nécessaires à une vie décente. Des réserves foncières ont également été prévues afin d’accueillir, à l’avenir, d’autres ménages concernés par le projet.
Un geste de solidarité envers les populations
Au terme de cette visite, le Président Brice Oligui Nguema a posé un geste hautement apprécié par les habitants de Songon Ayewahi en offrant un don de 10 millions de FCFA aux populations du site.
Dans un moment particulièrement émouvant, le chef de l’État gabonais a également décidé d’offrir une maison d’une valeur d’environ 14 millions de FCFA à une fillette d’environ six ans qui, faisant preuve d’une remarquable spontanéité, s’était approchée de lui malgré le dispositif de sécurité.
À travers cette visite technique et sociale, le Président gabonais a pu découvrir un modèle ivoirien de conduite des grands projets d’infrastructures où la réalisation des ouvrages s’accompagne d’un dispositif structuré de prise en charge des populations affectées. Une expérience qui pourrait certainement inspirer.
Mathias Kouamé






