66ᵉ anniversaire de l’Indépendance : les personnes handicapées appellent à faire de l’inclusion une priorité nationale
À la veille de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, la Coordination des Associations des Personnes Handicapées de Côte d’Ivoire (CAPH-CI) a rendu publique sa Déclaration solennelle n°003/CAPH-CI/08-2026, dans laquelle elle invite les autorités, les acteurs du développement et l’ensemble des citoyens à faire de l’inclusion des personnes en situation de handicap un véritable engagement national.
Placée sous le thème de la citoyenneté et de l’égalité des droits, cette déclaration rappelle qu’une nation ne peut être pleinement libre que lorsque tous ses citoyens, sans distinction, participent effectivement à son développement et jouissent de leurs droits dans la dignité.
Dans son préambule, la CAPH-CI rend hommage aux bâtisseurs de la nation ivoirienne et à tous ceux qui œuvrent depuis l’indépendance pour la paix, la cohésion sociale et le développement du pays. Elle réaffirme également son attachement aux valeurs républicaines, tout en soulignant que, soixante-six ans après l’accession de la Côte d’Ivoire à la souveraineté internationale, de nombreux obstacles continuent d’entraver la pleine participation des personnes en situation de handicap à la vie économique, sociale, politique et culturelle.
« Les personnes en situation de handicap ne sollicitent ni privilège ni compassion. Elles revendiquent l’application effective de leurs droits, conformément à la Constitution, aux lois nationales et aux engagements internationaux de la Côte d’Ivoire », rappelle la déclaration.
Cinq priorités pour une Côte d’Ivoire inclusive
À travers ce document, la CAPH-CI identifie cinq axes prioritaires devant guider les politiques publiques en faveur de l’inclusion.
La première priorité concerne l’éducation inclusive. L’organisation plaide notamment pour l’adaptation progressive des infrastructures scolaires et universitaires, la formation des enseignants, la mise à disposition de matériels pédagogiques adaptés, notamment en braille, en langue des signes et en technologies d’assistance, ainsi qu’une meilleure orientation scolaire et professionnelle des apprenants en situation de handicap.
La deuxième priorité porte sur l’emploi et l’autonomie économique. La coordination demande l’application effective des dispositions favorisant le recrutement des personnes handicapées dans les administrations publiques et les entreprises privées, la mise en place de mesures incitatives à leur embauche, un meilleur accès au financement, aux marchés publics et aux programmes d’entrepreneuriat, ainsi que le développement de formations professionnelles adaptées aux besoins du marché de l’emploi.
En matière de santé, la CAPH-CI appelle à une meilleure prise en charge des besoins spécifiques liés au handicap, à un accès renforcé aux soins spécialisés, aux appareils orthopédiques, aux prothèses, aux fauteuils roulants et aux autres aides techniques, ainsi qu’à un renforcement des dispositifs de protection sociale.
La quatrième priorité est consacrée à l’accessibilité universelle. L’organisation estime que celle-ci doit devenir une réalité dans les bâtiments recevant du public, les transports collectifs, les infrastructures routières, les logements sociaux ainsi que dans les services administratifs et numériques. Selon elle, l’accessibilité constitue un droit fondamental et une condition indispensable à l’autonomie.
Enfin, la déclaration encourage une participation accrue des personnes en situation de handicap dans les instances de décision, les collectivités territoriales, les institutions publiques, les organisations professionnelles et les différents espaces de dialogue citoyen.
Un appel à tous les acteurs
La CAPH-CI adresse également un appel solennel au Gouvernement afin de renforcer les politiques d’inclusion en les dotant de ressources suffisantes et de mécanismes d’évaluation fondés sur des résultats concrets.
Elle invite les collectivités territoriales à intégrer systématiquement la question du handicap dans leurs politiques locales de développement, le secteur privé à faire de l’inclusion un levier de compétitivité et de responsabilité sociale, les partenaires techniques et financiers à poursuivre leur accompagnement des programmes dédiés à l’autonomisation des personnes handicapées, et l’ensemble des citoyens à combattre les préjugés et à promouvoir le respect de la différence.
« L’inclusion n’est ni une faveur ni une option »
En conclusion, la Coordination des Associations des Personnes Handicapées de Côte d’Ivoire réaffirme sa volonté de contribuer pleinement au développement économique, social, culturel et démocratique du pays.
Pour son président du Conseil d’administration, Koné Yacouba, l’inclusion doit désormais être considérée comme une exigence de justice sociale et un impératif de développement durable.
« L’inclusion n’est ni une faveur ni une option. Elle constitue une exigence de justice sociale, un impératif de développement durable et une condition essentielle du progrès de notre Nation », souligne la déclaration.
À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, la CAPH-CI appelle ainsi à faire de l’inclusion un engagement collectif afin que chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien, quelles que soient ses capacités, puisse exercer pleinement ses droits et contribuer au développement de la Côte d’Ivoire.
MG







