L’épée de Damoclès plane sur des têtes, trois décès en un temps record, le PDCI se muscle depuis Daloa… (La Matinale expresse)
À la veille de la célébration de la fête nationale, le président de la République a annoncé plusieurs mesures dans son traditionnel discours à la Nation. Les auteurs des déguerpissements illégaux sont prévenus. La fête de l’Indépendance, elle, a tenu toutes ses promesses. Petite ombre au tableau : le décès du Colonel-major Fofié Kouakou Martin, survenu quelques jours seulement après celui de deux autres gradés de l’armée ivoirienne. Pendant ce temps, le PDCI-RDA se mettait en ordre de bataille à Daloa, avec déjà 2030 en ligne de mire…
En quelque 14 minutes, le chef de l’État, Alassane Ouattara, s’est adressé à la population, jeudi 6 août. Un message articulé autour de la grandeur de la Côte d’Ivoire, mais aussi marqué par un geste d’apaisement avec la grâce accordée à plusieurs détenus liés à la crise électorale.
« Ensemble, construisons une grande nation pour nous-mêmes et pour les générations futures », a exhorté le président de la République. Alassane Ouattara a également promis des mesures fermes pour renforcer l’État de droit. Le chef de l’État veut toute la lumière sur les déguerpissements illégaux opérés dans le Grand Abidjan, qui ont jeté plusieurs familles à la rue. Ainsi, évoquant le cap du développement fixé par le « Brave Tchê », L’Inter se félicite des « sanctions annoncées dans l’affaire “Koumassi Campement”».
« Des têtes vont tomber »
Le Mandat renchérit de manière prémonitoire : « Des têtes vont tomber », titre le quotidien, avant de rappeler les assurances du chef de l’État selon lesquelles « personne ne peut agir au nom de l’État en dehors de l’État sans en subir les conséquences».
Faut-il désormais espérer que ces annonces se concrétisent ? C’est du moins ce que souhaite Le Sursaut qui, au sujet des déguerpissements, de la réforme électorale et des détenus de la crise postélectorale, barre sa Une : « Ouattara a parlé, place aux actes ».
An 66 mémorable
En attendant, la fête de l’indépendance à Yopougon a tenu toutes ses promesses. Une célébration placée sous le signe de la paix et de l’unité, comme l’a souligné le chef de l’État. « An 66 mémorable », s’exclame Aujourd’hui, tandis que Le Rassemblement présente un « Yopougon debout pour Ouattara ».
Au niveau du défilé, le spectacle était à tous points de vue saisissant. « Des hommes, des femmes, des équipements, au service de la sécurité », souligne La Tribune, saluant « une armée moderne capable de répondre aux menaces ». Une véritable démonstration de puissance, doublée d’une forte ferveur populaire autour du président Ouattara.
Cette effervescence a malheureusement été suivie par la disparition du Colonel-major Fofié Kouakou Martin. Il s’agit du troisième décès d’un haut gradé de l’armée ivoirienne en l’espace de quelques jours, après ceux du Général Dem Aly Justin et du Colonel Karim Traoré.
Le PDCI-RDA au carrefour de 2030
Après avoir pris une part active aux festivités officielles du 66e anniversaire de l’indépendance, le PDCI-RDA a mis le cap sur Daloa, le lendemain, pour la commémoration de ses 80 ans. À cette occasion, les militants de la zone Zadi se sont fortement mobilisés. Il y avait « foule, foule, foule », affirme Le Bélier, qui voit dans cette mobilisation la preuve que le PDCI-RDA demeure une alternative crédible au RHDP. « Nous sommes au carrefour de 2030 », a prévenu, en substance, le Secrétaire exécutif en chef, Yapo Calice.
En somme, comme l’indique Le Nouveau Réveil, le PDCI-RDA a sorti le grand jeu à Daloa. Le parti se met ainsi en ordre de bataille pour 2030. Mais d’ici là, il lui faudra surtout vaincre ses propres démons, notamment ceux liés aux divisions internes.
C’est donc une semaine riche en annonces, en célébrations, mais aussi en interrogations qui s’achève. Entre les promesses de fermeté du chef de l’État, la démonstration de force des armées à Yopougon et la mobilisation du PDCI-RDA à Daloa, l’actualité ivoirienne reste plus que jamais tournée vers les prochaines échéances.
Martial Galé







