Orpaillage illégal : Hilaire Gomé (écologiste) invite « le gouvernement à plus d’efforts pour mettre fin » à la menace
Directeur de l’Institut Eco-Projet, un cabinet d’études environnementales, Hilaire Gnohité Gomé a obtenu le renouvellement de son agrément auprès de l’Agence nationale de l’environnement (ANDE). En marge de la cérémonie de remise desdits agréments, jeudi 06 août, l’écologiste a lancé un cri du cœur au sujet des menaces environnementales qui pèsent sur la Côte d’Ivoire.
Vous venez de recevoir le renouvellement de votre agrément en tant que bureau d’études environnementales. Comment accueillez-vous cette nouvelle ?
C’est avec beaucoup de joie que j’ai accueilli le renouvellement de mon agrément. Je pense que c’est une responsabilité qui m’est accordée. La Côte d’Ivoire sait que nous sommes des anciens de la défense de l’environnement.
Nous avons engagé de grands débats et organisé de grands événements ici, en Côte d’Ivoire, avec la Croix Verte. Maintenant, nous agissons en tant que cabinet et nous sommes heureux que notre agrément ait été renouvelé. En tant que défenseurs de l’environnement, nous continuerons notre combat.
Le pays est confronté à l’orpaillage illégal, qui cause d’importants dégâts. En tant que défenseur de l’environnement, comment réagissez-vous face à cette menace ?
Je vais peut-être réagir à deux titres. D’abord, en tant qu’écologiste connu en Côte d’Ivoire, nous sommes malheureux de constater le développement de l’orpaillage illégal dans le pays.
C’est un combat que nous menons depuis longtemps. Nous avons interpellé les autorités à plusieurs reprises. Et c’est maintenant que les choses sont devenues graves. Il faut que tout le monde se réveille. Nous invitons le gouvernement à plus d’efforts pour mettre fin à l’orpaillage illégal, parce que c’est un danger pour notre environnement.
Maintenant, en tant que directeur d’un cabinet d’études d’impact, nous allons être très vigilants. Nous veillerons à ce que tous les projets de développement qui nous seront présentés soient examinés avec la plus grande rigueur. Lorsque des opérateurs économiques présenteront des projets susceptibles d’avoir des effets négatifs sur l’environnement ou sur les ressources en eau, nous ferons en sorte qu’ils ne reçoivent pas notre avis favorable.
En tant que cabinet, travaillez-vous librement ? N’y a-t-il pas de pression de la part de certaines entreprises ?
Non. Je peux vous dire que le cabinet ne subit aucune pression, ni de la part des entreprises ni de qui que ce soit. Mais nous sommes des êtres humains. Certainement que certains opérateurs peuvent, en regardant le visage des gens, essayer d’exercer une certaine pression économique. Mais, en ce qui nous concerne, nous sommes loin de cela.
À l’occasion de cette remise d’agréments, le ministre a insisté sur le professionnalisme et l’intégrité des bureaux d’études et des consultants indépendants. À quel point ce message vous interpelle-t-il ?
Je pense que le ministre Abou Bamba est dans son rôle. Non seulement il est le ministre de l’Environnement et de la Transition, mais pour ceux qui le connaissent, c’est aussi un ancien défenseur de l’environnement. Il est donc vraiment dans son milieu.
Le message qu’il a envoyé est un message responsable. Je pense que les différents responsables des cabinets d’études en ont pris bonne note. Parce que celui qui passera outre ces recommandations aura Abou Bamba devant lui.
Entretien réalisé par Martial Galé
Martial Galé







