Côte d’Ivoire : Un rapport de la COVICI met en lumière les avancées dans la réparation des victimes des crises
Lemandatexpress – La Confédération des Organisations de Victimes des Crises Ivoiriennes (COVICI) a publié son 12ᵉ rapport de monitoring consacré aux actions du Fonds au profit des victimes (FPV) de la Cour pénale internationale (CPI), menées en Côte d’Ivoire entre 2021 et 2025. Le document revient sur les efforts engagés en faveur des victimes des crises ivoiriennes et formule plusieurs recommandations pour assurer la continuité de leur accompagnement.
Quinze ans après la crise post-électorale de 2010-2011, les séquelles restent présentes dans plusieurs communautés. Dans son rapport, la COVICI dresse toutefois un bilan des initiatives mises en œuvre pour accompagner les victimes sur les plans psychologique, social et économique. Doté de plus de 1,2 milliard de FCFA, le programme du FPV a notamment ciblé plusieurs zones fortement affectées par les violences, dont Abobo, Yopougon, Duékoué et Bloléquin.
Près de 7 000 personnes accompagnées
Selon le rapport, près de 7 000 personnes ont bénéficié d’un accompagnement à travers la Thérapie Communautaire Intégrative et Systémique (TCIS), également appelée « ronde brésilienne ».
Cette approche a permis aux bénéficiaires d’exprimer leurs souffrances, de mieux faire face aux traumatismes et de favoriser le dialogue au sein des communautés. Pour la COVICI, cette prise en charge psychologique constitue un élément essentiel du processus de reconstruction des victimes.
L’autonomie économique au cœur de la réparation
Le rapport souligne également les actions menées en faveur de l’autonomisation économique. À Abidjan, 283 bénéficiaires, dont 83 % de femmes, ont reçu un appui destiné à créer ou relancer des activités génératrices de revenus. Ces financements ont notamment permis à certaines victimes de reprendre une activité professionnelle après avoir perdu leurs moyens de subsistance durant les crises.
La COVICI estime cependant que ces efforts doivent être poursuivis, particulièrement dans les zones rurales. Elle recommande notamment le développement de mécanismes de microcrédit et le renforcement de l’accompagnement entrepreneurial.
Des lieux de mémoire pour transmettre l’histoire
Autre volet mis en avant dans le rapport : la construction de lieux de mémoire. Des stèles et monuments ont été érigés dans plusieurs localités afin de rendre hommage aux victimes et de transmettre aux générations futures la mémoire des violences. À Abobo et à Duékoué, ces espaces sont présentés comme des outils de sensibilisation et de réconciliation.
La COVICI recommande que leur entretien soit davantage pris en charge par les collectivités locales afin de préserver leur dimension historique et pédagogique.
La COVICI appelle à la continuité des actions
Alors que le cycle d’intervention du Fonds au profit des victimes arrive à son terme, la COVICI estime que les acquis doivent être préservés. Dans son rapport, l’organisation appelle notamment l’État ivoirien à prendre le relais en inscrivant dans les budgets nationaux la poursuite de la prise en charge médicale et psychologique des victimes qui n’ont pas encore bénéficié d’un accompagnement suffisant.
Elle souhaite également le maintien des mécanismes de soutien économique et une mobilisation continue de la communauté internationale. À travers ce rapport, la COVICI, dirigée par Toé Seydou, rappelle que la réparation ne se limite pas à l’aide financière. Elle passe également par l’écoute, la reconstruction, l’autonomisation et le devoir de mémoire. Pour les organisations de victimes, la poursuite de ces efforts reste indispensable pour consolider la paix et prévenir la répétition des violences en Côte d’Ivoire.
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