« La mériquité n’est ni un slogan ni une formule accrocheuse », GPS livre les fondements de sa nouvelle doctrine
Après son adoption lors de la 3e Conférence nationale d’expression citoyenne, l’on en sait davantage sur « la mériquité ». Dans une tribune signée par le Directeur de la communication, Touré Moussa, Générations et Peuples Solidaires ( GPS) de Guillaume Soro donne tous les contours de cette nouvelle doctrine.
𝐅𝐎𝐍𝐃𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓𝐒 𝐄𝐓 𝐏𝐑𝐈𝐍𝐂𝐈𝐏𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐌𝐄́𝐑𝐈𝐐𝐔𝐈𝐓𝐄́
GPS a sa doctrine politique. Pensée longuement, débattue âprement pendant de longues semaines par nos politologues, nos sociologues, nos anthropologues et nos juristes, avant sa formalisation. Il nous fallait avancer en toute clarté, sortir de l’ombre des idées importées et nous définir nous-mêmes, par rapport à nous-mêmes et par rapport aux autres.
Lors de nos assises, beaucoup de militants nous demandaient : sommes-nous une branche africaine du socialisme ? Sommes-nous des sociaux-démocrates ? Sommes-nous des panafricanistes tout court ? Au moins, nous savons ce que nous ne sommes pas : une bourgeoisie ultra-libérale compradore, alimentée à la sève du pillage des ressources nationales et totalement tournée vers la satisfaction des désidératas de donneurs d’ordre étrangers.
Guillaume Soro l’a pensée, nous l’a soumise, et nous l’avons enrichie et adoptée. Notre doctrine politique se nomme 𝗹𝗮 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗶𝘁𝗲́. Nous ne sommes pas des socialistes. Nous ne sommes pas des capitalistes ultra-libéraux. Nous ne sommes pas des marxistes. Nous ne sommes pas des communistes. Nous ne sommes pas des sociaux-démocrates. Nous sommes des Mériquitiens.
𝗹𝗮 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗶𝘁𝗲́ n’est ni un slogan, ni une formule accrocheuse : c’est une pensée organisée, structurée, qui repose sur des principes clairs, s’appuie sur des textes de référence, et porte la signature d’un auteur qui l’assume pleinement : Guillaume Kigbafori Soro.
𝗹𝗮 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗶𝘁𝗲́ obéit-elle aux grands principes d’une doctrine politique reconnue comme telle ? Regardons ensemble les grandes idéologies qui ont façonné le monde moderne.
Le 𝗟𝗶𝗯𝗲́𝗿𝗮𝗹𝗶𝘀𝗺𝗲 trouve ses racines dans les écrits de John Locke, d’Adam Smith et de Montesquieu. Le 𝗦𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗶𝘀𝗺𝗲, dans ceux de Henri de Saint-Simon, de Charles Fourier et de Pierre-Joseph Proudhon, avant que Karl Marx ne lui donne sa forme la plus radicale : le 𝗖𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲. La doctrine du 𝗖𝗼𝗻𝘀𝗲𝗿𝘃𝗮𝘁𝗶𝘀𝗺𝗲 trouve en Edmund Burke son penseur fondateur.
Dans chacun de ces cas, c’est un homme qui a réfléchi, qui a structuré une pensée par rapport aux réalités socio-économiques de son époque, l’a endossée, l’a défendue intellectuellement et l’a répandue. La Mériquité a un auteur, un penseur-fondateur : Guillaume Soro. Premier point.
Toute doctrine a une base idéologique qui lui est propre. Ainsi, 𝗹𝗲 𝗟𝗶𝗯𝗲́𝗿𝗮𝗹𝗶𝘀𝗺𝗲 𝘀’𝗮𝗽𝗽𝘂𝗶𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗹𝗶𝗯𝗲𝗿𝘁𝗲́ 𝗶𝗻𝗱𝗶𝘃𝗶𝗱𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲, de la propriété privée, de l’État de droit et de l’économie de marché. L’individu est tout. Le collectif n’est rien. Et l’État doit s’efforcer d’agir le moins possible dans la vie des individus.
𝗟𝗲 𝗦𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹𝗶𝘀𝗺𝗲 𝘀𝗲 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗶𝗲́𝘁𝗲́ 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘆𝗲𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻, la justice sociale et la solidarité, pour répondre aux inégalités générées par le Libéralisme et sa loi impitoyable du marché. Dans cette doctrine, l’individu ne compte pas, il est subordonné au collectif. Son mérite se fond dans la foule.
𝗟𝗲 𝗖𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲, 𝗹𝘂𝗶, 𝗽𝘂𝗶𝘀𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗮𝗯𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗶𝗲́𝘁𝗲́ 𝗽𝗿𝗶𝘃𝗲́𝗲, la lutte des classes comme moteur historique du changement social, et la disparition finale de l’État. Cette doctrine pousse le Socialisme jusque dans ses extrêmes et postule que l’individu n’est rien, et que le parti-État est tout.
𝗟𝗮 𝗦𝗼𝗰𝗶𝗮𝗹-𝗱𝗲́𝗺𝗼𝗰𝗿𝗮𝘁𝗶𝗲 𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝘂𝗹𝗲 𝗹’𝗶𝗱𝗲́𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗲 𝘀𝗲𝗹𝗼𝗻 𝗹𝗮𝗾𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗹𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿 𝗮𝗴𝗶𝗿 𝗹𝗲 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗹’𝗘́𝘁𝗮𝘁 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 pour le réguler, et l’État-providence doit intervenir pour prendre aux riches et redistribuer aux pauvres. C’est une doctrine qui ne rompt pas avec le Libéralisme, mais demande à l’État d’intervenir dans le jeu économique.
La base idéologique du 𝗖𝗼𝗻𝘀𝗲𝗿𝘃𝗮𝘁𝗶𝘀𝗺𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗿𝘃𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝗱𝗲 𝗹’𝗮𝘂𝘁𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́, 𝗱𝗲 𝗹’𝗼𝗿𝗱𝗿𝗲 𝗵𝗶𝗲́𝗿𝗮𝗿𝗰𝗵𝗶𝗾𝘂𝗲, de la continuité institutionnelle et de la résistance au changement. C’est une doctrine qui privilégie la stabilité héritée par-dessus tout.
𝗟𝗲 𝗙𝗮𝘀𝗰𝗶𝘀𝗺𝗲 𝗽𝘂𝗶𝘀𝗲 𝘀𝗮 𝗹𝗲é𝗴𝗶𝘁𝗶𝗺𝗶𝘁𝗲é 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗶𝘀𝗺𝗲 𝗲𝘅𝗮𝗰𝗲𝗿𝗯𝗲́é, 𝗹’𝗮𝘂𝘁𝗼𝗿𝗶𝘁𝗲́é 𝗮𝗯𝘀𝗼𝗹𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗘́𝘁𝗮𝘁, la subordination totale de l’individu à la nation et le rejet du pluralisme politique. Cette doctrine sacrifie la liberté individuelle sur l’autel d’une mythique unité nationale.
𝗟𝗲 𝗳𝗼𝗻𝗱𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗶𝗱𝗲́é𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗠𝗲𝗿𝗶𝗾𝘂𝗶𝘁𝗲é 𝗲𝘀𝘁 𝗹’𝗶𝗻𝗱𝗶𝘃𝗶𝗱𝘂. Il se situe au commencement et à l’aboutissement de toute action politique : rien ne se justifie qui ne serve l’épanouissement de la personne humaine. La Mériquité repose sur une conception de l’homme précise, selon laquelle nul homme ne naît seul, c’est-à-dire libre de toute charge sociale, culturelle ou économique. L’individu vient au monde inscrit dans une histoire, une famille, une communauté, une langue et un héritage qu’il n’a pas choisis, et qui le précèdent. De cette naissance qui le lie intrinsèquement à la société, c’est-à-dire au collectif, découle une conséquence : 𝗹’𝗶𝗻𝗱𝗶𝘃𝗶𝗱𝘂 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝘀’𝗮𝗰𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗶𝗿 𝘀𝗲𝘂𝗹, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 qui l’a formé et qui continue de le porter.
Mais ce constat n’autorise en rien la domination du collectif sur l’individu. La Mériquité affirme que 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗮𝘂𝘁𝗲́ 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶̂𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝘃𝗮𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗰𝘂𝗻 𝗲𝗻 𝘀𝗼𝗻 𝘀𝗲𝗶𝗻 𝗲𝘁 𝗹’𝗲𝗻𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗴𝗲𝗿 𝗮̀ 𝗲𝘅𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝗿, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗹𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝘀𝗾𝘂𝗲𝗿 𝗹𝗲 𝗳𝗿𝘂𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗺𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲. C’est de cette double exigence que naît l’axiome fondateur de la doctrine : nul ne naît seul, nul ne naît quitte. Chacun hérite d’une dette envers ce qui l’a précédé et rendu possible, et cette dette appelle en retour un principe de réciprocité, qui unit la dette reçue au mérite protégé.
𝗟𝗮 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗶𝘁𝗲́ refuse, d’une part, l’individu self-made et abstrait des doctrines de la seule liberté (libéralisme, capitalisme, etc.), qui oublient ce qui a été reçu et transforment l’héritage reçu en mérite personnel. Elle refuse, d’autre part, la dissolution de l’individu au sein du collectif, telle que la prônent les doctrines de la seule solidarité ou de la seule redistribution collective (socialisme, communisme, etc.). Ces doctrines cherchent à protéger le faible, mais volent à l’individu son mérite et son effort personnel.
𝗟𝗮 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗶𝘁𝗲́ 𝗿𝗲𝗹𝗲̀𝘃𝗲 𝗮𝗶𝗻𝘀𝗶 𝗱𝗲 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗮𝘁𝗲́𝗴𝗼𝗿𝗶𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲́𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗴𝗿𝗲́𝗰𝗼-𝗹𝗮𝘁𝗶𝗻𝗲 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻 𝗵𝘂𝗺𝗮𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲 en ce qu’il place la dignité et la liberté de la personne humaine au centre de son architecture, sans réduire l’homme ni à un individu abstrait détaché de tout lien, ni à un simple rouage d’un ensemble collectif qui le dépasserait. Deuxième point.
Toute doctrine doit s’appuyer sur un ensemble de textes, de pensées, c’est-à-dire sur un corpus. 𝗟𝗮 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝘀𝗲 𝗱’𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗿𝗽𝘂𝘀 𝗮𝗯𝗼𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀ 𝘀𝘁𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘀𝗲́. Parmi les textes fondateurs de notre doctrine, je peux citer : 𝙇’𝙚́𝙩𝙖𝙩 𝙙𝙤𝙘𝙩𝙧𝙞𝙣𝙖𝙡 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙤𝙡𝙞𝙙𝙚́ du 28 juillet 2026, intitulé 𝙇𝙖 𝘿𝙚𝙩𝙩𝙚 𝙚𝙩 𝙡𝙚 𝙈𝙚́𝙧𝙞𝙩𝙚, la 𝘾𝒉𝙖𝒓𝙩𝒆 𝒅𝙚 𝙡𝒂 𝒕𝙝𝒆́𝙤𝒓𝙞𝒆 𝒑𝙤𝒍𝙞𝒕𝙞𝒒𝙪𝒆 𝒅𝙚 𝙡𝒂 𝒅𝙚𝒕𝙩𝒆 𝒆𝙩 𝙙𝒖 𝒎𝙚́𝒓𝙞𝒕𝙚, la 𝒏𝙤𝒕𝙚 𝙙𝒐𝙘𝒕𝙧𝒊𝙣𝒂𝙡𝒆 𝒑𝙧𝒆́𝙨𝒊𝙙𝒆𝙣𝒕𝙞𝒆𝙡𝒍𝙚 du 1er août 2026, ainsi que les statuts consolidés de Générations et Peuples Solidaires.
Ce sont ces textes officiels qui nourrissent notre doctrine. Ils sont denses et, pour certains, peu accessibles, je veux parler notamment de la 𝘾𝒉𝙖𝒓𝙩𝒆 𝒅𝙚 𝙡𝒂 𝒕𝙝𝒆́𝙤𝒓𝙞𝒆 𝒑𝙤𝒍𝙞𝒕𝙞𝒒𝙪𝒆 𝒅𝙚 𝙡𝒂 𝒅𝙚𝒕𝙩𝒆 𝒆𝙩 𝙙𝒖 𝒎𝙚́𝒓𝙞𝒕𝙚. Rares sont les doctrines qui, dès leur naissance, peuvent s’appuyer sur un ensemble de textes aussi hiérarchisé : la plupart des grandes idéologies n’ont constitué leur corpus que rétrospectivement, par l’accumulation d’écrits dispersés dans le temps. Troisième point.
𝗡𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗼𝗻𝘀 𝗿𝗲𝗳𝘂𝘀𝗲é, 𝗽𝗮𝗿 𝗽𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗲 𝗲𝘁 𝗽𝗮𝗿 𝗰𝗼𝗵𝗲́𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲, 𝗱𝗲 𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝘀𝘂𝗳𝗳𝗶𝘅𝗲 𝗲𝗻 -𝗶𝘀𝗺𝗲 𝗮̀ 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗼𝗰𝘁𝗿𝗶𝗻𝗲, pour nous détacher de l’emprise de la pensée occidentale qui inhibe les réflexions intellectuelles africaines authentiques. Ce ne sera pas le « mériquitisme » ou le « méritisme ». Mais la Mériquité. Point.
Voici qui nous sommes et voici comment l’on doit nous appréhender.
NB: Le titre et le chapeau sont de la rédaction






