La Matinale expresse : la Côte d’Ivoire « de l’utopie à la réalité », le PPA-CI descend sur le terrain, Cowppli-Bony enfin, 20 000 terminaux et une carte qui change la donne…
Le Parti pour le progrès et le socialisme (PPS), connu pour sa proximité avec le RHDP, fait une nouvelle fois parler de lui. Son président, Kakou Mathias, applaudit des deux mains la gouvernance du chef de l’État. Le PPA-CI, lui, ne voit pas les choses sous ce prisme. Le parti de Laurent Gbagbo propose un nouveau pacte social qu’il s’apprête à présenter aux populations. Au PDCI-RDA, le voile se lève enfin sur les obsèques du Pr Alphonse Cowppli-Bony, plus d’un an après son décès. Dans un contexte socioéconomique marqué notamment par l’orpaillage illégal, la campagne café-cacao s’annonce, quant à elle, sous de bons auspices.
PPS : Mathias Kakou ne tarit pas d’éloges sur Ouattara
Le président Ouattara et le RHDP peuvent toujours compter sur le PPS. En 2025, le Parti pour le progrès et le socialisme avait plébiscité le candidat de la majorité dans le cadre de l’élection présidentielle. Son paradigme n’a pas changé depuis.
Dans une interview accordée au Patriote, son leader, Mathias Kakou, fait feu de tout bois. « Avec Ouattara, ce qui était utopique est devenu réalité », déclare-t-il. Poursuivant, M. Kakou propose même le ministère de l’Intérieur pour remplacer la CEI dans le cadre de l’organisation du jeu démocratique.
Une suggestion qui épouse, à certains égards, la nouvelle orientation que le gouvernement entend donner à l’architecture électorale. Celle-ci s’articulerait autour de trois piliers : un premier chargé exclusivement de l’organisation matérielle, logistique et pratique des scrutins ; un deuxième consacré au recensement, à la compilation des votes ainsi qu’au traitement et au dépouillement des suffrages, afin de garantir la sincérité des résultats ; et un troisième chargé de la supervision, du contrôle général et de la régularité de l’ensemble du processus électoral.
Si le leadership du président Ouattara captive, à travers notamment ses réalisations en matière d’infrastructures, comme c’est actuellement le cas dans le Nord-Est avec les travaux routiers, la tension monte dans le Gôh entre deux cadres de son parti.
Au cœur de cette guerre larvée : le contrôle du conseil régional. « Abel Djohoré veut chasser Djédjé Bagnon », affirme Le Jour Plus, qui ajoute que la ministre Belmonde Dogo serait en embuscade.
PPA-CI : le « Pacte social » descend dans l’arène
Radicalement à gauche, le PPA-CI ne partage pas la lecture que fait le pouvoir RHDP de la gestion des affaires publiques. Le parti propose ainsi un nouveau pacte social qui, selon lui, devrait améliorer concrètement le quotidien des Ivoiriens.
Les sept ambassadeurs des différents piliers de ce projet ont achevé leur présentation face à la presse. Place désormais à l’étape de proximité.
Selon Le Canard déchaîné, Gervais Tchéidé, premier vice-président exécutif chargé de la coordination nationale du « Pacte social », avec le titre de « Commissaire général », a annoncé le déploiement du projet sur le terrain.
Le Temps assure que les ambassadeurs, parmi lesquels figurent Steve Beko, Habiba Touré et Konaté Navigué, sont « prêts à investir le terrain ».
PDCI-RDA : les obsèques de Cowppli-Bony enfin programmées
Au PDCI-RDA, l’heure est toujours au deuil. Le parti se prépare à honorer la mémoire de plusieurs de ses illustres disparus.
Le Nouveau Réveil nous apprend ainsi que « les dates des obsèques de Cowppli-Bony et Yaya Ouattara [sont] connues ». On pourrait pousser un ouf de soulagement en ce qui concerne le président honoraire des vice-présidents, dont le décès remonte à plus d’un an, le 6 mai 2025.
Quant à Émile Constant Bombet et Alphonse Djédjé Mady, le programme de leurs obsèques devrait être connu prochainement.
En attendant, Le Mandat soulève la question du renouvellement générationnel au sein du parti doyen, évoquant une formation « de plus en plus vulnérable », alors que son président, Tidjane Thiam, s’est installé hors du pays depuis plus d’un an.
Café-cacao : 20 000 terminaux et une carte qui change la donne
Sur le front économique, l’actualité est dominée par la prochaine campagne de commercialisation de la filière café-cacao. Une campagne qui s’annonce avec l’entrée en vigueur de plusieurs réformes.
Ainsi, pour le système national de traçabilité, le Conseil du café-cacao « acquiert 20 000 terminaux de paiement électronique », fait savoir Fraternité Matin.
Par ailleurs, la carte du producteur sera obligatoire à compter du 1er septembre, rappelle Dernière Heure Monde. Une carte qui, selon Tribune Ivoire, « change la vie du paysan ».
Orpaillage illégal : la Côte d’Ivoire veut changer d’échelle
L’orpaillage, encore l’orpaillage. La question était au cœur de la COP17 de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), qui s’est tenue du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie.
Dans la lutte contre la dégradation des terres et des eaux, la Côte d’Ivoire a été portée à la tête de la coalition africaine contre l’exploitation minière illégale. Saluant cette décision, le ministre Abou Bamba insiste sur la nécessité d’une réponse à l’échelle continentale face à ce phénomène.
Pendant ce temps, au plan national, le débat se poursuit. Notre Voie plaide pour que la Côte d’Ivoire repense sa politique minière, tandis que L’Essor présente Bouaflé comme l’un des épicentres de l’orpaillage illégal. Le journal croit savoir que deux vice-présidents du conseil régional seraient cités dans cet épineux dossier.
Frontières, affaires judiciaires et conquête du Nord
Plusieurs autres sujets ont occupé les colonnes de la presse locale ce vendredi. Il s’agit notamment de la signature du traité sur la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Mali, de l’affaire des 500 agents des affaires judiciaires « jetés à la rue », ou encore de la conquête du Nord par le PDCI-RDA.
Une diversité éditoriale qui fait, une nouvelle fois, le bonheur des lecteurs.
À lundi !
Martial Galé







