LITIGE FONCIER SOPHIA SA – ESTP/ Touré Ahmed Bouah « Que les documents parlent »
Le Pca de Sophia SA conteste les accusations de faux, usage de faux et escroquerie portées contre lui et s’appuie sur une expertise foncière pour défendre sa position.
Le litige foncier opposant Sophia SA à Mory Soumahoro et à son entreprise ESTP connaît un nouvel épisode. Face aux accusations de faux, usage de faux et escroquerie formulées à son encontre, le président du conseil d’administration de Sophia SA, Touré Ahmed Bouah, a choisi de répondre par les documents. Il l’a fait hier, mercredi 9 septembre 2026, au cours d’une conférence de presse au Palm Club Hôtel.
Au cœur du différend : une opération foncière portant notamment sur une superficie de 346 hectares et des investissements annoncés à hauteur de 1,79 milliard de FCFA. Pour Touré Ahmed Bouah, la question essentielle est celle de la localisation exacte des travaux réalisés par ESTP.
Selon les éléments présentés, Sophia SA disposerait d’une assiette foncière de 629 hectares dans la zone d’Anyama-Adjamé, dans le cadre d’un projet d’aménagement lié à l’axe Abidjan-Anyama. À l’intérieur de cette concession, une superficie de 300 hectares aurait été confiée à Mory Soumahoro et à ESTP. Le mandat portait notamment sur l’achèvement du lotissement, la commercialisation des lots et l’obtention de l’approbation du plan d’aménagement.
Or, selon l’expertise foncière présentée par Sophia SA, les travaux réalisés par ESTP ne se trouveraient pas sur cette emprise de 300 hectares, mais sur une autre parcelle. Les deux terrains seraient contigus, mais distincts et identifiables grâce aux coordonnées géographiques et aux plans produits.
Touré Ahmed Bouah affirme que plusieurs démarches ont précédé la saisine de la justice. Il évoque notamment un courrier du 25 novembre 2025 du chef du village concerné, une mise en demeure adressée à ESTP ainsi qu’une proposition d’audit destinée à vérifier les limites des différentes emprises. Une réunion avec la chefferie aurait également permis d’aborder la question, avec établissement d’un procès-verbal.
Le Pca de Sophia SA a, par ailleurs, contesté l’affirmation selon laquelle le mandat aurait fixé un délai de trois mois. Il soutient que l’article 6 prévoit un délai global maximal de 36 mois pour l’exécution des différentes opérations.
Sur les accusations de faux et d’escroquerie, il demande la production des preuves. « En matière foncière, après trente-six ans d’expérience, le bruit n’a jamais arrangé un problème foncier », a-t-il déclaré.
Pour lui, le différend doit désormais être tranché par les juridictions compétentes, sur la base des documents, des expertises et des preuves produites par chaque partie.
Sidoine Koffi







