Gestion des frontières septentrionales et Antiterrorisme: Le pari de l’anticipation de l’AILCT aux frontières du Nord

Lemandatexpress – Korhogo accueille, les 15 et 16 septembre 2026, un séminaire consacré à la gestion des frontières septentrionales. L’objectif est de renforcer les capacités des autorités préfectorales, des forces de sécurité et des leaders communautaires face aux menaces sécuritaires et aux risques de crises.

Face à l’évolution de l’environnement sécuritaire dans la sous-région ouest-africaine, la Côte d’Ivoire entend renforcer son dispositif de prévention aux frontières. C’est tout l’enjeu du séminaire stratégique ouvert, hier, à l’Hôtel des Savanes de Korhogo, autour du thème : « Gestion des frontières septentrionales : entre anti-terrorisme et prévention des crises ».

Organisée conjointement par l’Institut de Recherche Stratégique de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (IRS-AILCT) et la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), avec l’appui du Canada et de l’Allemagne, cette rencontre réunit les autorités préfectorales, les Forces de défense et de sécurité ainsi que les leaders communautaires des régions du Bounkani, du Tchologo, du Poro, de la Bagoué, du Folon et du Kabadougou.

Représentant le ministre Fidèle Gboroton Sarassoro, secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité, Diakalidia Konaté, préfet hors grade et secrétaire exécutif de la CNFCI, a souligné la nécessité de passer d’une logique essentiellement réactive à une véritable culture de l’anticipation.

« La sécurité d’une frontière ne se construit pas uniquement lorsque la menace se manifeste », a-t-il relevé, insistant sur l’importance de l’anticipation, de la présence effective de l’État, de la confiance des populations et de la coopération entre les différents acteurs.

Pour le représentant du ministre, le septentrion ivoirien, en contact avec le Mali et le Burkina Faso, reste exposé aux répercussions de la dégradation de la situation sécuritaire sahélienne. Aux risques d’incursions armées s’ajoutent les trafics transfrontaliers, les mouvements de populations et certaines tensions locales susceptibles d’affecter la cohésion sociale.

La réponse, a-t-il expliqué, doit donc être globale. Elle passe à la fois par le renforcement des capacités opérationnelles des forces, mais également par l’amélioration des infrastructures et des services essentiels, le rapprochement de l’administration des populations et le renforcement de la résilience des communautés.

Les travaux portent notamment sur la cartographie et la sociologie des crises, la territorialité du terrorisme ouest-africain, la réponse ivoirienne à l’extrémisme violent, la judiciarisation du renseignement, ainsi que la responsabilité des collectivités et des communautés dans la prévention.

Diakalidia Konaté a également rappelé l’importance de la Politique nationale de gestion intégrée des frontières, adoptée en Conseil des ministres le 12 juin 2024. Cette politique considère désormais la frontière comme un espace de sécurité, mais aussi de développement, d’échanges et de coopération.

À travers cette rencontre, les autorités ivoiriennes entendent ainsi consolider la synergie entre administration, forces de défense et de sécurité et populations locales, afin de faire des communautés frontalières de véritables acteurs de la résilience nationale.

Sidoine Koffi

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