Comme exigé par le chef de l’État lors de son adresse à la Nation, le 6 août dernier, la lumière commence à se faire sur les démolitions de Koumassi Campement. Des têtes pourraient tomber. Au cours de son déballage sur cette scabreuse affaire, le procureur de la République s’est également exprimé sur la situation de Koné Katinan et sur l’existence d’un mandat d’arrêt visant Me Habiba Touré du PPA-CI. Pendant ce temps, le PDCI continue de surfer sur la mobilisation réussie de Korhogo. Sur le front économique, l’agriculture reste au cœur des préoccupations, notamment les questions liées aux coûts et à la rémunération dans la filière café-cacao.( la Matinale express)
Plus de trois mois après, l’affaire des démolitions opérées à Koumassi Campement revient sur le devant de la scène. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance du Plateau a livré, face à la presse, les premiers éléments de son enquête. Le 3 juin dernier, près de six hectares du quartier avaient été ravagés par les bulldozers, dans le cadre d’une opération dont les responsabilités, publiquement revendiquées par le sieur Brou Alloui Jacques, restent encore à établir.
Les enquêtes commencent à livrer leurs secrets et les révélations sont loin d’être anodines. Le District autonome d’Abidjan est ciblé, mais pas seulement. Selon Le Mandat, « le ministre-gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo a été auditionné », alors que l’étau se resserre autour des responsables du District. Selon le ministre-gouverneur, cette démolition s’inscrivait dans le cadre du plan d’Organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC), rapporte Soir Info.
Le ministre-gouverneur, dont les déclarations sont présentées comme contradictoires avec celles du maire Narcisse Balley, pourrait voir sa responsabilité engagée devant la Haute Cour de justice si son implication venait à être établie. Une juridiction qui, toutefois, n’existe pas encore en Côte d’Ivoire. Cette précision alimente la controverse autour des déclarations du procureur Braman Koné.
Le rôle du député de Gouméré-Tabagne, l’honorable Moussa Diabagaté, est également présenté comme « déterminant » dans cette affaire. Une situation qui, selon RHDP News, suscite une vive indignation chez les populations de Gouméré-Tabagne. Celles-ci estiment anormal que le pouvoir délégué à leur élu, censé contribuer à protéger les populations, puisse être utilisé pour nuire à d’autres populations.
Analysant l’affaire sous un angle politique, Liberté salue, pour sa part, la totale impartialité de la justice.
Au cours de sa conférence de presse, le procureur a également abordé l’affaire Katinan Koné. À la suite de la plainte du RHDP pour des propos jugés diffamatoires, le 4e vice-président du PPA-CI a été inculpé pour troubles à l’ordre public dans des faits liés à la présidentielle de 2025. Braman Koné a également rejeté la thèse d’une séquestration du dirigeant politique, défendue par son avocate, Me Sérikpa. Ce qui fait dire à L’Avenir que le procureur « démonte les mensonges de l’avocate ».
Le Temps, pour sa part, met en avant un élément nouveau : l’existence d’un mandat d’arrêt visant l’avocate et porte-parole du PPA-CI. « Après Katinan, Habiba dans le viseur du régime », titre le média proche de l’opposition. Pour le procureur, la ligne est claire : « À tout moment, ceux qui sont impliqués dans ces faits peuvent être poursuivis », a-t-il prévenu, dans des propos relayés par L’Inter.
Loin de cette agitation judiciaire, le PDCI continue de capitaliser sur la réussite de son dernier rassemblement à Korhogo. Les médias proches du vieux parti ne tarissent pas d’éloges sur cette mobilisation. « Après Houphouët-Gbon, Thiam veut écrire une nouvelle histoire au Nord », s’exclame Dernière Heure Monde, ajoutant que la paix, la réconciliation, la justice et les compétences sont au cœur de la nouvelle alliance. Le Bélier, de son côté, estime que l’heure de la reconquête a sonné à Korhogo.
Sur le plan économique, Bruno Koné, le ministre de l’Agriculture, a pris part, à Amsterdam, à la 82e réunion du Conseil d’administration du Common Fund for Commodities (CFC). À cette occasion, le membre du gouvernement a plaidé pour une meilleure rémunération des producteurs, comme l’indique Le Mandat.
À Abidjan, en revanche, la tension reste vive autour de la filière café-cacao. Échos de la République fait état d’une grève illimitée du Synap-CI jusqu’au départ du directeur général du Conseil du Café-Cacao. Koné Moussa, premier responsable du syndicat, est catégorique. Selon Le Sursaut, il exige le retrait des « businessmen » de la filière café-cacao.
Les nouvelles sont, en revanche, plus rassurantes dans le secteur aurifère. La transformation de l’or ivoirien est en marche, fait savoir Le Rassemblement. Le journal cite notamment le ministre Sangafowa, qui se réjouit du pas décisif franchi par la Côte d’Ivoire dans ce domaine.
Au plan social, l’affaire des déchets toxiques revient sur le devant de la scène. Vingt ans après le déversement du Probo Koala, le Dr Adjélou, du CNDH, rouvre le dossier à Genève, nous apprend Tribune Ivoire, évoquant des indemnisations qui seraient toujours en cours.
Enfin, sur la planète football, la première liste d’Hervé Renard depuis son retour sur le banc des Éléphants occupe une place de choix dans l’actualité sportive nationale. Le technicien français a convoqué 25 joueurs, dont huit nouveaux, rapporte SuperSport. « Je fais des choix selon mon âme et conscience », a-t-il expliqué, selon Liberté.
Les Éléphants affronteront les Black Stars du Ghana, le jeudi 24 septembre, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027. Un premier test grandeur nature pour le double champion d’Afrique, de retour sur le banc ivoirien.
À demain.
Martial Galé





