Couvert forestier : 13,5 milliards FCFA pour verdir cinq régions du Centre de la Côte d’Ivoire

Le ministère des Eaux et Forêts et la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé, le 16 septembre à Bouaké, une nouvelle phase du Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC-BN). Dotée d’une enveloppe globale d’environ 13,5 milliards de francs CFA, cette phase additionnelle vise à restaurer le couvert forestier, soutenir les activités agricoles et renforcer la résilience des communautés rurales face aux effets du changement climatique.

La cérémonie, organisée à la préfecture de Bouaké, a été présidée par le ministre des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, représenté par son directeur de cabinet, le Conservateur général Zouzou épouse Mailly Elvire Joëlle. Elle a réuni des représentants de la BAD, des autorités administratives et locales, des services techniques, ainsi que des chefs traditionnels et responsables religieux.

Prévue sur deux ans, cette nouvelle phase du PIDACC-BN concerne le Bélier, le N’Zi, le Moronou, l’Iffou et le district autonome de Yamoussoukro. Elle devrait bénéficier directement à quelque 30 000 personnes, notamment des femmes et des jeunes.

Près de 7 millions de plants

Dans cette partie du pays, autrefois considérée comme l’ancienne boucle du cacao, la dégradation du couvert forestier et l’appauvrissement des sols constituent des défis importants. Le programme prévoit donc plusieurs actions de restauration et de reboisement.

« Le programme prévoit la production de près de 7 millions de plants forestiers, la réalisation de 6 000 hectares d’agroforesterie, la restauration d’environ 3 000 hectares de plantations forestières et l’aménagement de plus de 2 000 hectares de pare-feux boisés », a indiqué le Conservateur général Zouzou épouse Mailly Elvire Joëlle.

La représente du ministre a également appelé à une mobilisation collective autour de ce chantier. « La restauration du couvert forestier ne peut être l’affaire du seul ministère des Eaux et Forêts ; c’est une responsabilité nationale et collective », a-t-elle souligné.

Pour faciliter les opérations sur le terrain, 100 tricycles ont été remis aux groupements de pépiniéristes pour l’acheminement des plants vers les sites de reboisement et d’agroforesterie. Vingt-trois motos ont également été attribuées aux animateurs ruraux afin de renforcer leur mobilité et le suivi des bénéficiaires.

Agriculture et emplois verts

Le financement s’articule autour de trois composantes. Environ 8 milliards de francs CFA sont consacrés à la restauration du couvert forestier, tandis qu’environ 4 milliards sont destinés au développement des chaînes de valeur agricoles, notamment le manioc, le maraîchage, les cultures pérennes, l’élevage et la transformation. Une troisième composante porte sur la coordination, la gestion et l’appui institutionnel.

Pour le coordonnateur national du PIDACC-BN, le lieutenant-colonel Ouattara Doyoumon Siaka, « ce financement additionnel vise la restauration du capital forestier et l’amélioration de la résilience des régions du Centre de la Côte d’Ivoire ».

Les actions annoncées devraient également contribuer à la création de plus de 6 000 emplois verts directs et à la séquestration d’environ 8 millions de tonnes de CO₂ sur les 30 prochaines années.

La BAD accompagne la nouvelle phase

Selon M. Tandina Abdoulaye, représentant de la BAD, ce financement additionnel intervient à la suite des résultats obtenus lors de la phase initiale du PIDACC-BN. Il comprend notamment un prêt du Fonds africain de développement d’environ 3,85 milliards de francs CFA, un prêt du Fonds stratégique pour le climat de près de 7,05 milliards et un don d’environ 1,06 milliard, auxquels s’ajoute la contribution de l’État ivoirien.

Pour les bénéficiaires, les équipements remis doivent faciliter le travail quotidien. « Les motos permettront aux animateurs ruraux de renforcer leur mobilité et le suivi des activités, tandis que les tricycles faciliteront l’acheminement des plants des pépinières vers les sites de plantation », a expliqué le lieutenant Ahoua Kaga Alain.

Avec cette nouvelle phase, le PIDACC-BN entend ainsi conjuguer restauration des écosystèmes, adaptation climatique et développement économique au profit des communautés rurales du Centre.

Martial Galé

lemandatexpress.net

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