Lemandatexpress – L’ancienne Première dame de Côte d’Ivoire et présidente du Mouvement des générations capables (MGC), Simone Ehivet Gbagbo, a dénoncé la poursuite des arrestations de personnes liées aux violences survenues dans le contexte de la présidentielle d’octobre 2025. Elle s’est exprimée sur le sujet lors d’une interview accordée à France 24, dans l’émission « Tête-à-Tête », diffusée cette semaine.
Interrogée sur le mandat d’arrêt annoncé contre Me Habiba Touré, porte-parole du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), ainsi que sur le placement sous mandat de dépôt de Justin Koné Katinan, autre responsable du parti de Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo a exprimé son inquiétude face à la multiplication des procédures judiciaires.
« À chaque fois qu’il y a des arrestations de ce genre-là, l’atmosphère se détraque », a-t-elle déclaré, estimant que ces procédures ne contribuent pas à l’apaisement du climat politique.
Le procureur de la République, Koné Braman, avait annoncé le 16 septembre 2026 avoir engagé des poursuites et délivré un mandat d’arrêt contre Me Habiba Touré pour son implication présumée dans des faits survenus pendant la période électorale de 2025.
Quelques jours auparavant, Justin Koné Katinan avait été placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une procédure portant, selon le parquet, sur des faits présumés commis pendant la campagne électorale de la présidentielle de 2025. Le procureur a par ailleurs rejeté les accusations de « séquestration » formulées par la défense, affirmant que Katinan avait été régulièrement convoqué et que les délais de garde à vue avaient été respectés.
« Près de 1 500 personnes encore en prison »
Au-delà des cas de Habiba Touré et de Justin Koné Katinan, Simone Gbagbo a élargi sa critique à l’ensemble des personnes arrêtées dans le contexte électoral de 2025.
« J’aurais préféré qu’il n’y ait plus d’arrestations. Après les élections, ou pendant les élections, nous avons eu près de 1 500 personnes arrêtées qui sont encore en prison.», a-t-elle affirmé.
L’ancienne Première dame qualifie ces détenus de « prisonniers politiques » et estime que la question aurait dû être réglée après la tenue du scrutin.
« Quand on a fini les élections, je souhaiterais que la question soit réglée et que ces prisonniers soient libérés », a-t-elle ajouté.
Pour Simone Gbagbo, la poursuite des arrestations après le scrutin pose également une question plus large sur l’état du débat démocratique en Côte d’Ivoire. Elle estime que la démocratie doit permettre aux citoyens d’exprimer des opinions différentes de celles du pouvoir en place.
« La démocratie, c’est aussi le droit pour certaines personnes de dire ce qu’elles pensent, même si elles ne sont pas d’accord avec le pouvoir qui dirige le pays », a-t-elle soutenu.
Un appel à l’apaisement
À travers cette sortie, Simone Gbagbo plaide ainsi pour une décrispation du climat politique après la présidentielle de 2025. Son intervention intervient alors que les procédures judiciaires visant plusieurs responsables ou proches du PPA-CI se poursuivent.
De son côté, le parquet présente ces procédures comme relevant d’enquêtes sur les responsabilités individuelles dans les violences et troubles liés à la période électorale. Concernant Justin Koné Katinan, le procureur a notamment indiqué que son placement sous mandat de dépôt était lié à une procédure portant sur les événements d’octobre 2025.
Pour Simone Gbagbo, toutefois, la priorité devrait désormais être à l’apaisement et à la libération des personnes qu’elle considère comme des détenus politiques.
« On ne le fait pas, et puis on continue d’arrêter. C’est dommage », a-t-elle regretté.
Abran Saliho


