Lemandatexpress – Intervenant lors des Journées Portes Ouvertes du Groupe de la Banque mondiale, le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Dr Amedé Koffi Kouakou, a fait des annonces majeures sur la stratégie gouvernementale face aux défis de l’eau potable et de l’assainissement.
La Côte d’Ivoire dispose-t-elle de suffisamment d’eau potable pour couvrir les besoins de sa population ? À cette interrogation récurrente, la réponse du gouvernement est claire et catégorique : la ressource est disponible, mais le véritable défi réside dans l’extension des canalisations. Prenant la parole au cours d’un panel consacré à « La problématique de l’Eau pour une croissance inclusive », Dr Amedé Koffi Kouakou a exposé la réalité des chiffres et la feuille de route de l’État pour résorber les déficits constatés sur le terrain.
S’appuyant sur l’exemple de la capitale économique, le ministre a souligné le contraste entre les capacités de production installées et les infrastructures de distribution actuelles face à l’étalement urbain fulgurant. « Du coup, le 1 million de m3, nous ne distribuons que la moitié. Donc, il y a de l’eau pour la population. Mais je l’ai dit aussi, ce que vous voyez, Abidjan s’est agrandi et malheureusement ce qu’il faut, ce sont les canalisations pour donc amener de l’eau dans ces quartiers-là », a expliqué le ministre de l’Hydraulique.

Pour corriger ce déséquilibre, le ministre de l’Hydraulique a indiqué que des dispositions majeures sont prises au plus haut sommet de l’État. « Nous y travaillons avec Monsieur le Premier Ministre sur les instructions du Président de la République. Bientôt, les travaux auront démarré, de sorte que toute cette eau disponible puisse arriver aux populations. C’est la même chose dans les grandes villes de l’intérieur du pays : à Bouaké nous avons de l’eau, à San-Pédro nous avons de l’eau, dans beaucoup de grandes villes nous avons de l’eau », a-t-il fait noter. Évoquant le cas spécifique des zones où le niveau des nappes phréatiques baisse en raison du tarissement de certains forages, le ministre a assuré que des alternatives stratégiques sont en cours de déploiement afin de garantir un approvisionnement continu, tant en milieu rural qu’en milieu urbain.
Mais au-delà de la présence des réseaux, le gouvernement entend recentrer son action sur l’accès réel des populations au robinet. Établissant une distinction nette entre taux de couverture et taux d’accès, Amedé Kouakou a martelé l’objectif prioritaire du gouvernement. « Il y a le taux de couverture et il y a le taux d’accès. Ce qui est important pour nous, c’est qu’il faut que vous puissiez accéder à l’eau potable (…) Ce que nous on veut, c’est l’accès. Il faut que l’eau arrive chez vous. Nous sommes en train de travailler pour que chaque fois qu’on va mettre de l’eau dans un village ou dans une petite localité, tout le monde soit connecté en même temps. Voilà, de sorte que le taux d’accès à l’eau potable soit donc pour tout le monde », a-t-il affirmé.
Abordant le volet sanitaire, le ministre a rappelé que le développement des infrastructures hydrauliques impose simultanément une gestion rigoureuse des eaux usées pour préserver la santé publique et le cadre de vie. « L’assainissement, quand vous avez de l’eau potable, lorsque vous utilisez l’eau, automatiquement de l’eau usée, donc c’est de l’eau sale. Évidemment, le traitement des deux va ensemble. C’est pour ça que nous, nos services, nous travaillons pour que toutes ces eaux usées-là ne coulent pas partout. Parce que si les milieux ne sont pas bien assainis, vous pouvez tomber malade », a prévenu Amedé Kouakou, réitérant l’engagement de son département pour une prise en compte globale du cycle de l’eau.
Zéphirin Gohia



