Lemandatexpress – Près d’un siècle après leur installation, les bornes frontalières entre la Côte d’Ivoire et le Ghana font l’objet d’une réaffirmation conjointe.
C’est dans ce cadre qu’une délégation des deux pays a visité, le mardi 22 septembre 2026, les bornes BP 55, BP 55-1 et BP 55-2, entre Newtown, au Ghana, et Aforénou, en Côte d’Ivoire. L’opération s’inscrit dans le cadre du processus conjoint de réaffirmation de la frontière commune aux deux Etats. L’initiative vise à consolider la paix, prévenir les conflits frontaliers et renforcer la coopération au profit des populations riveraines.
Pour le secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI), Djakaridja Konaté, cette démarche revêt une portée historique. « Ça fait près de 100 ans, un siècle, que la Côte d’Ivoire et le Ghana ont des bornes, et nous venons pour réaffirmer ces bornes-là un siècle après », a-t-il déclaré.
La borne BP 55 constitue, selon lui, un repère majeur puisqu’elle permet de définir la ligne de la frontière terrestre et de servir de référence à la frontière maritime. Sa réception marque ainsi une nouvelle étape dans l’exercice conjoint de réaffirmation de la frontière entre les deux pays.
La frontière, un trait d’union entre les peuples
Malgré la matérialisation de la ligne frontalière, les responsables des deux pays ont insisté sur la nécessité de préserver les liens entre les communautés. M. Konaté a notamment relevé l’intensité des échanges commerciaux, du commerce transfrontalier et des interactions entre les populations de cette zone.

Au Ghana, le commissaire général de la Commission des frontières, Anthony Ntem, a présenté la borne comme un symbole de « dialogue, de coopération, de consensus et de respect mutuel ». Il a estimé que des frontières clairement définies contribuent à la stabilité, à la libre circulation des personnes et des biens ainsi qu’au développement du commerce.
Cette vision est également partagée par les autorités traditionnelles et locales. Le chef suprême du Conseil traditionnel des Nzima de l’Ouest, Awulae Armachie III, a rappelé que la frontière ne constitue pas un mur entre des populations liées par l’histoire, la culture et des relations fraternelles. Le chef exécutif municipal de Jomoro, Benedict Boadi, a, pour sa part, appelé les populations à faire de la BP 55 un symbole de paix, d’unité et de développement partagé.
La visite a enfin permis de saluer la contribution des équipes techniques et des partenaires, notamment le Comité technique conjoint Ghana-Côte d’Ivoire, le 48e Régiment du génie des Forces armées du Ghana, la GIZ, le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères et le Programme frontière de l’Union africaine. Cette étape ouvre la voie à la cérémonie officielle de remise des bornes sur une longueur de 150 kilomètres aux autorités des deux Etats le jeudi 24 septembre à Diby en Côte d’Ivoire dans le Sud-Comoé. Cette action permettra de poursuivre la réaffirmation de la frontière et consolider le partenariat entre Abidjan et Accra.
Kouassi N’Goran avec correspondance


