Lemandatexpress – La Semaine régionale de haut niveau sur les Femmes, les Jeunes, la Paix, la Sécurité et la Résilience économique en Afrique de l’Ouest et au Sahel s’est ouverte, lundi 28 septembre 2026, à Abidjan. La rencontre, placée sous le thème « De la résilience économique à la consolidation durable de la paix et de la sécurité », met l’accent sur le rôle des femmes et des jeunes dans la stabilité et le développement de la région.
À l’ouverture des travaux, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, a appelé à franchir une nouvelle étape dans les politiques d’autonomisation économique des femmes et des jeunes. Elle a notamment exhorté les acteurs à passer « des engagements au financement » et « des politiques publiques à des transformations concrètes ».
« Le temps est désormais venu d’aller plus loin. Passer de la reconnaissance à la participation effective, des engagements au financement et des politiques publiques à des transformations concrètes dans la vie des femmes », a-t-elle déclaré devant des délégations ministérielles, des représentants d’institutions régionales et des organisations de la société civile.
Pour la ministre, la consolidation de la paix ne saurait se résumer à l’absence de conflits. Elle suppose également la capacité des États et des sociétés à offrir des perspectives, des opportunités économiques et une pleine participation des populations au développement. « La résilience économique est en conséquence une condition de stabilité et un investissement actuel », a-t-elle soutenu.
La participation des femmes aux décisions
Nassénéba Touré a rappelé que la Côte d’Ivoire fait de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale et du développement inclusif des priorités de son action publique. Elle a, à ce titre, cité le premier pilier du Plan national de développement (PND) 2026-2030, consacré à la paix, à la sécurité et à la stabilité durables.
La ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la présence des femmes dans les espaces de décision. « La paix ne saurait être viable si les femmes, qui constituent près de la moitié de notre société, demeurent insuffisamment associées aux décisions qui engagent leur avenir », a-t-elle relevé.
Saluant l’adoption du deuxième Plan d’action national de mise en œuvre de la résolution 1325 pour la période 2024-2028, elle a appelé à une mobilisation plus forte des institutions financières, du secteur privé et des partenaires au développement. L’objectif, selon elle, est de faciliter davantage l’accès des entreprises dirigées par les femmes et les jeunes aux financements.
Les jeunes, acteurs de paix et d’innovation
S’appuyant sur la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies, Nassénéba Touré a également plaidé pour une meilleure prise en compte de la jeunesse dans les stratégies de paix et de sécurité. Elle a appelé à considérer les jeunes comme des acteurs de la paix, de l’innovation et de la transformation économique et sociale.
Cette implication devrait notamment se traduire par des actions en faveur de l’emploi, de la prévention de l’extrémisme violent, de l’innovation numérique et de l’intelligence artificielle. Face aux défis transfrontaliers auxquels l’Afrique de l’Ouest et le Sahel sont confrontés, la ministre a enfin préconisé une approche régionale reposant sur le dialogue, la coopération, la solidarité et l’intégration.
Organisée par le Groupe de travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité, avec l’appui de plusieurs partenaires, la rencontre ambitionne de déboucher sur des engagements précis, assortis de responsabilités clairement définies et d’échéances de mise en œuvre.
Kouassi N’Goran


