Enseignement supérieur en Côte d’Ivoire : Adama Diawara et le nouveau patron de l’AFD scellent un partenariat renforcé

Lemandatexpress – Une nouvelle dynamique s’amorce pour l’enseignement supérieur et la recherche scientifique en Côte d’Ivoire. Ce lundi 28 septembre 2026, le ministre de tutelle, Adama Diawara, s’est entretenu à son cabinet d’Abidjan-Plateau avec Florian Raffatin, fraîchement nommé à la tête de la représentation locale de l’Agence française de développement (AFD).

Cette première rencontre officielle a permis de fixer le cap des priorités conjointes, axées sur la modernisation des infrastructures, le financement des infrastructures d’accueil et une adéquation renforcée entre les cursus académiques et le marché de l’emploi.

Dès l’entame des discussions, le ministre a tenu à saluer une coopération « historique et multiforme » qui porte déjà ses fruits sur le territoire national. Des réalisations concrètes issues des Contrats de désendettement et de développement (C2D) et des prêts souverains témoignent de cet engagement partagé, à l’image de la nouvelle résidence universitaire de 200 lits à l’INP-HB de Yamoussoukro, du futur centre de formation continue de Cocody-Danga dimensionné pour 4 000 apprenants, du Centre de valorisation des bioressources de Korhogo (CVBK) ou encore des programmes académiques d’excellence ACE Impact et ACE Innovate.

Face à la croissance démographique et au flux continu de nouveaux bacheliers, Adama Diawara a plaidé pour un soutien accru afin de concrétiser les chantiers d’avenir, notamment la création d’Instituts universitaires de technologie (IUT) ciblés sur l’agriculture et le projet d’une université technologique dédiée aux filières courtes et professionnalisantes. « Nous attendons de l’AFD un accompagnement à la fois technique et financier », a déclaré Adama Diawara, avant d’ajouter que l’institution française a vocation à jouer un rôle de « catalyseur » auprès des autres bailleurs de fonds.

La restructuration de l’offre de formation constitue le cœur de cette stratégie gouvernementale. Il s’agit d’adapter l’apprentissage aux réalités économiques locales, en particulier dans l’agro-industrie. « L’idée, c’est de faire des formations qui s’intéressent à toute la chaîne de valeur », a explicité le ministre. Cette feuille de route passe par une révision en profondeur du BTS, la modernisation des cursus de Licence et Master, ainsi que la promotion de l’entrepreneuriat et des compétences numériques chez les jeunes diplômés.

Autre défi capital abordé lors des échanges : l’hébergement des étudiants. Pour résorber le déficit de logements, les deux parties étudient des mécanismes d’implication du secteur privé, notamment à travers un appui financier de Proparco, la filiale du groupe AFD dédiée au secteur privé.

De son côté, Florian Raffatin a réaffirmé le caractère prioritaire de ce secteur pour l’organisation qu’il dirige, rappelant que l’AFD y a injecté environ 200 millions d’euros depuis 2013. « L’enjeu pour la jeunesse ici en Côte d’Ivoire, c’est aussi de pouvoir se tourner vers cet enseignement supérieur », a-t-il souligné, confirmant sa volonté de maintenir et d’amplifier cet effort financier.

En consolidant cette alliance stratégique, Abidjan et l’AFD entendent répondre durablement au défi de la massification universitaire et bâtir un système éducatif performant, directement connecté aux besoins d’insertion de la jeunesse ivoirienne.

Zéphirin Gohia

Partager cet article

Abonnez-vous à la newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque jour les actualités essentielles directement dans votre boîte mail.

A lire aussi